Pourquoi Nils Frahm est l’artiste le plus hype du moment

Le pianiste néoclassique berlinois a ébloui l’Ancienne Belgique pour le premier de ses deux concerts complets. Il revient cet été au Dour Festival et au Cactus. A ne pas rater.

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Un peu comme notre Melanie De Biasio le fait avec le jazz, Nils Frahm casse les codes de la musique classique, ouvre les portes et crée des passerelles entre les différents genres musicaux. Pianiste de formation, le Berlinois  de 35 ans s’est ouvert dès le début de son parcours discographique à l’électro et l’ambient  avec une  curiosité sans limite. Après son album Solo en 2015 et sa brillante collaboration avec Woodkid sur le soundtrack d’Ellis (où  la voix du narrateur Robert De Niro se fondait dans une mélodie planante de vingt minutes rappelant les travaux du tandem Bowie/Eno sur l’album Heroes), Frahm a sorti le mois dernier le majestueux All Melody.

Créé au Funkhaus Studio, ancien building du Berlin Est réaménagé en laboratoire artistique, ce disque malaxe sonates et souffles futuristes, instruments organiques et machines, influences d’Arvo Pärt et réminiscences de Tangerine Dream, confort baroque d’une salle de Conservatoire et ambiance moite d’un club techno underground. Apaisant, lancinant, réconfortant, ce disque qui échappe à l’agitation du monde est  -chose de plus en plus rare- un « vrai » album. Entendez une œuvre qui s’écoute du premier au douzième titre sans rien faire d’autre. Un trip hallucinant dont on ne sort pas indemne.

En live, l’expérience est tout simplement extraordinaire comme nous avons pu nous en rendre compte ce jeudi soir à l’Ancienne Belgique pour le premier de ses deux concerts complets. Frahm est seul sur scène. Il n’ya pas de décor, pas d’écran. A sa droite, un piano, un orgue. A sa gauche, des machines, du Moog, un  laptop, des synthés Roland, des samples. C’est Jean-Michel Jarre sans les lasers. Klaus Schulze sans le patchouli, Kitaro sans la flûte. Frahm alterne compositions classiques façon récital et plages électro contemplatives. Concentré, parfois un rien démonstratif au piano, le musicien ne reste pas prisonnier de ses compositions et s’offre de belles libertés par rapport aux versions studios. Dans la salle (en configuration debout), c’est un silence religieux, hormis quelques gobelets en plastique qui claquent sur le sol. Pas de GSM qui gâchent le plaisir et, par contre, beaucoup de spectateurs qui ferment les yeux pour se laisser posséder par cette musique ensorcelante. Deux heures de bonheur où le temps est suspendu. Grandiose. Tout simplement. 
  
Le 9/2 à l’Ancienne Belgique (complet). Le 14/7 au Dour Festival. Le 15/7 au Cactus Festival.

 

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