Deux (belges) histoires, à deux pas du César

L'une nous plonge dans les mariages royaux du 18e siècle; l'autre nous rappelle que le mariage imposé est toujours d'actualité. La Belgique remportera-t-elle son trophée?

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Objecte qui voudra, les cours d’histoire sont généralement plus intéressants quand ils sont mis à l’écran. D’un côté, L’échange de princesses nous renvoie en 1721, sous la régence de Philippe d’Orléans. Celui-ci, pour mettre fin au conflit meurtrier avec l’Espagne, organisa le mariage de sa fille, Louise Elisabeth avec l’héritier du trône d’Espagne, tandis que la très jeune fille (4 ans) du Roi Phillippe d’Espagne est promise à Louis XV. Des noces simultanées donc.

Justement, Noces, pour sa part, traite lui aussi du mariage arrangé, mais de façon plus actuelle. Ici, on suit l’histoire de Zahira, laquelle se voit imposée un mariage forcé par ses parents, bien que vivant en Belgique. D’origine pakistanaise, la jeune fille d’à peine dix-huit ans a le choix entre trois prétendants.

Dramatiques, tous deux évoquent la thématique du mariage forcé, une problématique encore bien présente en Belgique. Le premier, réalisé par le français Marc Dugain, est belge dans sa production et son casting. On y retrouve entre-autres Olivier Gourmet. Le deuxième, est pour sa part 100% de chez nous, puisqu’il est réalisé par Stephan Streker, produit en collaboration avec Minds Meet en Flandre et met également en scène Olivier Gourmet.

Un tas de points communs, qui ne s’arrêtent pas là. Ce matin, l’Académie des Césars a révélé sa liste de nominés. Et devinez? Tous deux se retrouvent en compétition dans la catégorie du meilleur film à l’étranger. La Belgique se voit donc deux chances sur six de repartir trophée à la main. Le combat sera cependant rude puisque nos deux compères se retrouvent face à l’immense blockbuster américain « La, la, land », comédie musicale qui a déjà raflé plusieurs Oscars et Golden Globes, ainsi que « The Square », qui avait entre-autres remporté la Palme d’or à Cannes. « Dunkerke », « Faute d’amour », et « Le Caire confidentiel » rivalisent à leurs côtés.

Au-delà de cette catégorie, deux longs-métrages partent favoris de la course aux Césars. Respectivement avec treize et douze nominations, « 120 battements par minutes » de Robin Campillo, et « Au-revoir là-haut » d’Albert Dupontel risquent de repartir les mains pleines de statuettes. Leur point commun? Leur tête d’affiche, l’acteur Nahuel Perez Biscayat, qui s’est révélé cette année au public au travers de ces deux longs-métrages.

Et n’en déplaise à certains, un nouveau prix voit le jour pour cette 43e Cérémonie, celui du public, pour récompenser le nombre d’entrées. Il a été révélé par l’acteur et humoriste Manu Payet, prochain maître de Cérémonie. Vanessa Paradis, pour sa part, ouvrira la soirée, tandis que Penelope Cruz, se verra remettre un César d’honneur. La soirée dans son entièreté sera, quant à elle, dédiée à Jeanne Moreau, décédée au mois de juillet dernier. Il semblerait que les femmes n’aient pas été oubliées lors de cette soirée. Une nouvelle qui fait plaisir à entendre.

Texte : Zoé Tiberghien (st.)

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