Wonder : mélo merveilleux

Julia Roberts et Jacob Trembley nous ont tiré les larmes avec un mini Elephant Man.

048803

Auggie Pullman (Jacob Trembley, l’enfant captif de Room) est un garçon de dix ans fan de Star Wars et adoré par ses parents (formidables Julia Roberts et Owen Wilson) mais atteint d’une malformation faciale congénitale. Après des années de chirurgie et de scolarité à la maison, le petit garçon fait sa première rentrée des classes avec une seule peur – et une seule envie : être accepté par les autres. Mais quand Auggie retire son casque d’astronaute à la porte de l’école, il ne ressemble pas à un petit garçon ordinaire. Couturé de partout, il devient l’inévitable cible de ses camarades. Adapté d’un roman jeunesse de l’éditrice et romancière américaine J.R Palacio, porté par un personnage principal atteint d’une difformité (réalisée sur le jeune acteur après deux heures de maquillage quotidien), le film se place dans la lignée des classiques du genre, du tragique Elephant Man de David Lynch au Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey – parabole poignante sur l’intolérance.

C’est une belle compagnie, que Wonder traverse avec une grâce réelle (les scènes surréalistes en apesanteur), qui évite au film de se prendre les pieds dans la guimauve. Au-delà des décors domestiqués d’une Amérique certes très lissée, Stephen Chbosky (Le Monde de Charlie) fait le choix d’une narration quasi sérielle sur chaque personnage enfantin qui établit une empathie profonde pour les différentes relations du film – d’Auggie à sa grande sœur Via en passant par ses camarades qui le harcèlent à l’école. Wonder est certes un mélo à message, mais dont la pédagogie humaniste et la sincérité touchent juste et évitent la débauche de guimauve qu’on craignait. Et dont le vrai tour de force est de parvenir à nous faire oublier et même aimer la difformité d’Auggie. Dès 9-10 ans.

Sur le même sujet
Plus d'actualité