Fief, un roman lumineux

David Lopez publie Fief ou comment la rue coule en bouche. Du caviar.  

David Lopez ©BelgaImage

Fief est l’histoire d’un territoire. Grand comme un mouchoir, entre banlieue et campagne, investi par une bande de lascars qui brillent par leur tchatche. Jonas a la parole et relate les aventures immobiles de ces garçons qui passent leur temps à fumer des joints, à se vanner et à se déplacer d’un pavillon à un autre. De cette zone, David Lopez rapporte un roman lumineux, emmené par une langue virtuose.

Les garçons de Fief, vous les connaissez ?

DAVID  LOPEZ - J’en ai fait partie. Comme eux, j’ai été un poisson d’aquarium. En vivant avec eux, j’ai vu beaucoup de belles choses qui méritaient un texte.  Je voulais montrer tout ça, le montrer sans rien expliquer.

Pourtant, sans lui tourner le dos, vous vous êtes émancipé de cette tribu…

J’ai connu des garçons qui, dans le discours, reniaient leur milieu mais qui, dans les actes, étaient en complète adhésion avec ce milieu. Moi, j’étais le seul à avoir le bac parce que j’étais le studieux de ma bande. Mais chez moi, dès qu’on veut faire des études universitaires, il faut sortir. J’ai fait des études de sociologie à Paris, et j’ai rencontré un autre monde.

Votre écriture se distingue par une musicalité qui s’apparente au flow dans le rap…

Je prends! J’ai beaucoup écouté de rap, j’ai pratiqué pendant des années. En socio, j’ai beaucoup travaillé sur le rap français et ça imprègne mon écriture de façon inconsciente.

Cette langue est-elle spontanée ?

C’est beaucoup de travail. Le premier jet ne sonnait pas. Mon rapport à l’écriture a changé quand j’ai compris que c’était un travail. J’étais pris par ce cliché de l’auteur au talent inné qui en deux secondes chie un texte magnifique. Et puis quand j’ai vu les manuscrits de Proust et de Flaubert, je me suis dit “O.K., d’accord”. 

Fief ©DR

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