Le Promesse de l’aube: un biopic dominé par la performance de Charlotte Gainsbourg

Habituée des rôles extrêmes, Charlotte Gainsbourg retrouve ses racines slaves en jouant la mère de l'écrivain Romain Gary.

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« Il n’est pas permis d’aimer un être à ce point, fût-il sa mère » disait Romain Gary en parlant de sa mère Nina, ancienne actrice russe devenue marchande de chapeaux avant de quitter la Pologne pour la France dans les années 1920. Et faire de son fils un grand homme : « tu seras Victor Hugo ou rien » disait-elle. C’est pour cette mère hors norme que Romain Gary (Pierre Niney) achève épuisé le manuscrit de La Promesse de l’aube au Mexique en 1960, une ode désormais classique à l’amour maternel et à l’ambition d’une mère pour son fils. Suivant le double mécanisme de l’ascension sociale (de l’enfance polonaise à la jeunesse d’aviateur pendant la Seconde guerre mondiale) et la revisitation d’une vie par l’écriture, Eric Barbier adapte plutôt habilement l’œuvre de Gary, sertie de phrases fondatrices (« Je veux que tu sois célèbre de ton vivant ») et dominée par la performance frappante de Charlotte Gainsbourg. Alourdie, vieillie, maniant le Polonais à la perfection et fumant des Gitanes, l’actrice s’est « chargée » d’un rôle à la mesure de son talent, insufflant avec jubilation ce qu’il faut d’humour noir pour éviter (notamment dans la première partie, la meilleure) les écueils de l’hagiographie qu’on craignait.

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La Promesse de l’aube. Réalisé par Eric Barbier. Avec Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney – 130’

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