Albums: notre best-of de l’année 2017

Comme chaque année, Moustique dévoile les meilleures pépites qui ont tourné dans les oreilles de la rédaction entre janvier et décembre. Notre numéro "spécial rétro" sera en librairies le 27 décembre.

top5_albums

Le top 5 de Luc Lorfèvre

Mélanie De Biasio – Lilies

En puisant ses influences dans le passé (jazz, blues urbain, soul, trip-hop de Bristol), Melanie De Biasio écrit la musique de demain. Avec ce quatrième album, l’artiste belge connaît la consécration mondiale. 100% méritée.
Lilies

Kendrick Lamar – D.A.M.N.

Le rappeur de Compton enchaîne chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre. Avec D.A.M.N., Kendrick montre toute la diversité de son talent. Tour à tour groovy, charmeur, incisif, revendicatif, futuriste et old-school, D.A.M.N. surprend à chaque instant sans jamais lasser.
DAMN

Divers artistes – Tueurs, musiques inspirées du film

Dans dix ou vingt ans, lorsqu’on parlera de l’émergence de la nouvelle scène hip-hop belge, ce disque sera la référence. Coely, Damso, Roméo Elvis, Caballero & JeanJass, Hamza, Isha, Zwangere Guy… Ils sont tous là sur des compositions originales. Plutôt que de jouer la carte de la confrontation, ce projet collectif a misé sur l’émulation. Pari gagné.
Tueurs

Coely – Different Waters

Nourri d’une expérience de vie déracinée, d’une fraîcheur insouciante et d’influences old-school (de Lauryn Hill à Bob Marley), Different Waters a révélé l’artiste anversoise. On a beaucoup parlé de Damso et de Roméo Elvis cette année. Coely a joué aux mêmes endroits qu’eux mais elle a aussi Rock Werchter et Pukkelpop à son actif. Un grand disque pour une fille sympa et 100% bonnes vibes. 

Coely

Floating Points – Reflections/Mojave Desert

L’ovni de l’année, hélas sorti en plein mois de juillet… et donc complètement passé inaperçu. DJ, producteur et docteur en neuroscience, Sam Sheperd, alias Floating Points, a enregistré ce disque avec son groupe dans des conditions live en plein désert de Mojave. En résultent cinq plages lancinantes qui sentent la poussière, la chaleur, l’électro minimaliste et le post-rock. Epoustouflant.

Floating Points – Reflections/Mojave Desert

Le top 5 de Marie Frankinet

Drake – More Life

Avec VIEWS sorti au printemps 2016, Drake nous avait livré un album dense, compact et finalement assez froid. Le rappeur canadien donne le change quelques mois plus tard avec la sortie d’une «  playlist  » beaucoup plus généreuse qu’il choisi de nommer très justement «  More Life  ». Un supplément de vie, un ensemble très homogène de 22 tracks qui fait renouer Drake avec des sonorités chaudes, des titres plus luxuriants comme le très estival Passionfruit.

Drake More Life

Daniel Caesar – Freudian

Comme la Belgique face à la France dans le registre du hip-hop, le Canada vole tout doucement la vedette aux États-Unis tant sa scène urbaine est prolifique. La preuve une nouvelle fois avec un artiste originaire de Toronto, Daniel Caesar, et la sortie de son tout premier album, «  Freudian  ». Un essai qui flotte en permanence entre deux eaux, celles du R&B et du gospel et qui use l’amour comme combustible. Sincère, imparfait, haletant, ce disque emploie habilement tous les codes du coup de foudre.

Daniel caesar

Loyle Carner – Yesterday’s Gone

S’il y a bien un rappeur qui inspire la sympathie dans les sorties de cette année 2017, c’est Loyle Carner. Criant de sincérité Benjamin Coyle Larner de son vrai nom n’hésite pas à utiliser sa vulnérabilité dans ses textes comme on se servirait d’un marche-pied. Poncé à la nostalgie et porté par un flow old school et teinté la sauce east coast, le premier essai du jeune londonien de 23 ans raconte l’histoire de sa vie.

Yesterday's Gone

GoldLink – At What Cost

At What Cost est ambitieux, extrêmement bien produit et très, très riche. On y va un peu fort  ? Logique, c’est l’un des 5 meilleurs albums de l’année. GoldLink a pioché dans tous les répertoires, du funk à l’électro en passant par la soul et le r&b, pour sortir ce bijou. Organique, parfois lascif et très loose, le son de ce rappeur originaire de Washington nous transpose dans la chaleur moite d’une fin de soirée estivale. Un appel à la sensualité et à la fête. En boucle.

GoldLink

SZA – Ctrl

Nommée dans 5 catégories aux Grammys, SZA (qui se prononce Séza) est sans doute l’une des plus belles révélations de cette année. Avec cet album très attendu, la chanteuse originaire de Jersey livre un son r&b opulent et généreux qui servent des textes personnels. CRTL parle autant de sexualité, qu’elle veut libre et assumée, que de romance et de soif d’intimité. Un premier album ultra-réussi.

SZA CTRL

Le top 5 de Nicolas Alsteen

Aldous Harding – Party

La Néo-Zélandaise Aldous Harding est une fille réservée, un peu anxieuse, pas trop sûre d’elle. Pourtant, derrière un micro, elle prend toute la lumière. C’est une star, une personnalité à part. À l’aise dans les graves, facile dans les aigus, sa voix d’ange absorbe toute la tension du monde. Envoûtant, son chant se dévoile réellement à l’ombre des plus grandes. La noirceur de Nico, les éclats de Joni Mitchell, l’excentricité de Kate Bush s’alignent ici dans des compos intemporelles, des morceaux qui, sur le fil, tissent des liens entre hier et aujourd’hui. Du folk bucolique de la pionnière Vashti Bunyan aux dernières mélodies glamours de Lana Del Rey, la musique d’Aldous Harding couvre un siècle d’élégance.

Aldous Harding – Party

James Holden – The Animal Spirits

Petit prince de la transe, gourou de la techno minimale, James Holden connecte désormais ses synthés modulaires à la nature. Loin du dancefloor, le DJ anglais imagine l’album « The Animal Spirits » aux côtés du batteur Tom Page (Neneh Cherry, Four Tet) et du saxophoniste Etienne Jaumet (Zombie Zombie). Regroupée derrière la matière grise du chef d’orchestre, la tribu concocte un disque hors-norme. Entre folk psychédélique, électro et jazz cosmique, James Holden relie les mondes de Pharoah Sanders, Underworld, Soft Machine et Mulatu Astatke. Une performance hallucinante.

James Holden - The Animal Spirits

King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Nom de scène à rallonge, King Gizzard and the Lizard Wizard sert de couverture à un groupe fabuleux et gentiment cinglé. En 2017, ces sept Australiens ont publié cinq albums. Sans jamais décevoir. Premier volet de cet élan de surproductivité, « Flying Microtonal Banana » sauve l’année rock’n’roll avec panache. Double batterie en action, guitare coupante comme une machette flambant neuve, émanations psychédéliques et groove robotique assurent ici l’essentiel.

King Gizzard & The Lizard Wizard - Flying Microtonal Banana

Melanie De Biasio – Lilies

Reconnue comme l’une des plus belles voix du jazz moderne, Mélanie De Biasio poursuit son impressionnante ascension avec « Lilies ». Sur ce troisième album, la chanteuse repousse les limites de son univers. Vers l’infini et au-delà. À travers les brumes trip-hop, le blues et d’intenses progressions cinématographiques, la chanteuse belge laisse entrevoir d’autres orientations. Impressionnant, « Lilies » part souvent de petites mélodies pour nourrir de grandes émotions. Un disque bouleversant.

Melanie De Biasio – Lilies

Vince Staples – Big Fish Theory

Au rayon hip-hop, un homme se projette vers l’avant en évitant soigneusement le hors-jeu. Véritable attaquant, Vince Staples enregistre « Big Fish Theory » et innove en s’entourant d’une équipe de champions. Le flow en mouvement sur des productions signées Justin Vernon (Bon Iver), Flume ou Sophie, le rappeur californien mouille le maillot avec les meilleurs. Il peut d’ailleurs compter sur les chœurs de Damon Albarn et se féliciter d’un énorme featuring en compagnie de Kendrick Lamar.

Vince Staples – Big Fish Theory

Sur le même sujet
Plus d'actualité