« Plonger » de Mélanie Laurent

Dans cette adaptation, la réalisatrice de Demain danse avec les requins mais perd le sel du roman.

plonger

« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau ». C’est par ce drame que s’ouvrait Plonger, best-seller 2013 et enquête à rebours de César, ancien reporter de guerre sédentarisé qui cherchait à retrouver la trace de Paz, sa femme adorée et disparue, par ailleurs photographe de talent. Mais puisqu’adapter c’est trahir un peu, la réalisatrice de Demain ne filmera pas le corps de cette femme nue et morte sur une plage arabe avec le sel qui fait des cristaux sur sa peau. Bousculant habilement le regard masculin mais suivant une narration sans flashbacks, le film se concentre sur le délitement attendu du couple occidental dont la figure de proue s’incarne dans un requin de la mer d’Oman que Paz décide d’adopter plutôt que de s’occuper de son fils. Ce que le film perd en intensité dramatique, Mélanie Laurent le récupère dans une réappropriation assumée du récit par un regard féminin – la caméra se refusant donc à trop érotiser Paz, tentant de lui trouver une pulsation propre, entre blues de la maternité (déjà vu au cinéma), exaltation artistique et désir de nomadisme (« quand les gens bougent, les immobiles disent qu’ils fuient » conclut le personnage de Paz). Mais côté incarnation, si Gilles Lellouche possède la masculinité en crise qui sied à César, il manque à la tendre Maria Valverde la révolte ombrageuse et aquatique de Paz qui faisait tout le sel du roman de Christophe Ono-dit-Biot.

Drame. Plonger. Réalisé par Mélanie Laurent. Avec Gilles Lellouche et Maria Valverde – 102’

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