En attendant les hirondelles: regard troublant sur l’Algérie contemporaine

Si l’Algérie attend toujours sa révolution politique, le jeune cinéma algérien n’attend les hirondelles pour renaître.

En attendant les hirondelles

 La preuve avec ce premier film magistral de Karim Moussaoui sélectionné à Cannes (un Certain regard) qui entrelace trois histoires d’hommes et de femmes en prise avec la question du choix moral (celui du courage, de l’amour, de la filiation). De cet homme qui par lâcheté n’osera pas dénoncer un crime, de ce couple qui s’aimera malgré les conventions patriarcales, on retiendra le geste bouleversant d’un homme marié confronté à un passé qu’il a occulté (l’Algérie et les fantômes de la guerre civile), sous-tendu par la possibilité d’un rachat inattendu. Une vision de l’Algérie contemporaine loin des stéréotypes, travaillée par le doute et le désir et portée par un sens cinéma à la fois formaliste (les ciels pour dire l’amour) et libéré, qui le rapprochent du grand cinéma iranien.

Drame – En attendant les hirondelles. Réalisé par Karim Moussaoui. Avec Mohamed Djouri – 113’

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