La déception Justice League

Tout comme son concurrent Marvel, DC Comics réunit à l’écran les superhéros de son écurie pour affronter une menace dont le but est couru d’avance : anéantir notre planète. Notre verdict ? Indigeste.

Justice League

Si ça fonctionne chez Marvel avec la saga Avengers, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas avec les personnages cultes que sont Batman, Superman et Wonder Woman ? C’est vrai, après tout, sur le papier c’est même plutôt évident. Sauf qu’après l’ère Christopher Nolan et exception faite du Wonder Woman de Patty Jenkins, tout ce qu’ont entrepris DC Comics et la Warner pour créer un univers cohérent au cinéma tombe constamment à plat, le tout dans un déluge d’effets spéciaux rarement réussis et de fautes de goûts impardonnables. Ce Justice League, réunion soit-disant 5 étoiles que personne n’attendait (du moins pas si tôt dans le développement de la franchise), est à l’image du Batman V Superman de Zack Snyder. Autrement dit, il n’y a pas de surprises, aucun éclair de génie qui forcerait à s’intéresser à ces produits mal conçus. Zack Snyder continue de façonner les personnages et leur esthétique à sa façon, en piétinant allègrement les règles élémentaires du storytelling, de la mise en scène et surtout plus de 8 décennies de comics écrits et dessinés par les plus grands maîtres du genre. Capitaine à bord d’un navire qui sombrait déjà quelques minutes à peine après avoir largué les amarres, Snyder semble être le seul à s’amuser dans cette entreprise sans queue ni tête. Tout ce qui lui a été reproché est ici exacerbé. Peu importent les spectateurs qui ne connaissent pas forcément ces personnages et leurs enjeux. Justice League est moins un maxi menu best of de DC au cinéma qu’un règlement de compte. Vous voulez des scènes sombres ? Des héros aux motivations étranges, à tel point qu’il est difficile de s’y attacher ? Des combats illisibles ? Des effets spéciaux amateurs ? Voilà, tout cela vous est servi sur plateau.

À cette soupe indigeste, Justice League ajoute sans frais des croutons qui prennent la forme de super-héros méconnus du grand public ou tout simplement mal présentés. En deux heures à peine (dont une grosse moitié réservée à la baston, cahier des charges oblige), Bruce Wayne incarné par un Ben Affleck fatigué doit nous présenter Barry Allen, alias Flash; Arthur Curry, alias Aquaman; et Victor Stone, alias Cyborg. Le premier est capable de se déplacer à grande vitesse. Le deuxième est le roi de la cité sous-marine d’Atlantide. Et le troisième est ressuscité sous forme de robot suite à une explosion. Ne vous attendez pas à plus de détails, Justice League n’a clairement pas le temps. Il y a un monstre venu d’on ne sait où et qui doit faire on ne sait quoi à stopper de toute urgence. Et surtout d’autres films à mettre en place.

Alors oui, on pourrait souligner les touches d’humour (pas toujours réussies) apportées par le Barry Allen incarné par l’excellent Ezra Miller. On pourrait une nouvelle fois féliciter les équipes qui ont casté Gal Gadot pour Wonder Woman et Henry Cavill pour Superman, tous les deux faits pour ces rôles. On pourrait retenir une ou deux scènes, notamment celle où Flash tente de surprendre Superman. Bref, on pourrait être plus clément si ces franchises, cet univers, ce réalisateur et ses scénaristes passaient pas leur temps à se moquer des spectateurs.

Après ces deux heures et cinq films (Man of Steel, Batman v Superman, Suicide Squad, Wonder Woman et Justice League, sans compter les 8 autres prévus sous la houlette de Snyder), il est temps pour l’univers cinématographique DC Comics de repenser la stratégie, quitte à rebooter une fois de plus. Parce au petit jeu de celui qui fera toujours plus fort, toujours plus spectaculaire, Marvel a clairement remporté la partie. Que les fans de DC le veuillent ou non.

Justice League – Réalisé par Zack Snyder avec Ben Affleck, Henry Cavill, Gal Gadot – 120’

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