Le duel Éric Vuillard – Olivier Guez

Personne ne s'attendait à ce que L'Ordre du jour, un si petit format (150 pages), qui plus est, paru avant les vacances d'été (donc hors rentrée littéraire), reçoive le prix Goncourt. 

Le duel Eric Vuillard - Olivier Guez ©BelgaImage

On ne s’attendait pas non plus à ce que le livre primé soit un récit et pas un roman, publié chez Actes Sud (surtout quand on sait que la directrice de la maison d’édition est également ministre de la Culture). Preuve que c’est avant tout une œuvre que l’on juge. Hasard des verdicts, les deux prix les plus prestigieux de la saison couronnent deux livres autour du nazisme. En effet, le Renaudot a été attribué à Olivier Guez pour La disparition de Josef Mengele.  

Goncourt – Éric Vuillard

L’ordre du jour

Entre 1933 et 1938, les rencontres entre les plus grands capitaines d’industrie allemands et Adolf Hitler. Comment les représentants de grandes fortunes familiales, à la tête de sociétés prospères – Krupp, Siemens, Opel, Farben, Telefunken, Bayer, BASF… – se rangent derrière le discours nazi du Führer et son rêve d’Allemagne toute-puissante…

L’auteur

À 49 ans, Vuillard, également cinéaste, est une signature brillante et depuis longtemps prise en considération par les amateurs de littérature. Ses sujets de prédilection sont souvent historiques et ont été développés dans des livres comme Congo (sur le partage sans pitié de l’Afrique et autour de l’action de Léopold II), Tristesse de la terre (sur la trajectoire de Buffalo Bill et l’origine de la société du spectacle), 14 juillet (la prise de la Bastille comme si vous y étiez – dans la foule).

Le style

L’ordre du jour est un bref roman (150 pages en petit format) à l’écriture ciselée, précise, tranchante. La reconstitution des scènes frôle parfois le comique, voire le burlesque – et rend compte du ridicule qui fera pourtant basculer les esprits dans l’horreur. 

Ce que nous en disions

En août, nous écrivions à propos de Vuillard: “On aime ses drames historiques parce qu’ils baignent dans une ironie revigorante et salutaire”.  


Renaudot – Olivier Guez

La disparition de Josef Mengele

L’itinéraire sud-américain de Josef Mengele, qui arrive à Buenos Aires en juin 1949. Très introduit dans les cercles nazis de la capitale argentine, l’ancien “médecin” d’Auschwitz poursuivra son exil au Paraguay et au Brésil. De ville en ville, on suivra sa traque coordonnée depuis l’Europe par les chasseurs d’ex-dirigeants du Troisième Reich…

L’auteur

Ex-journaliste d’investigation, Guez (43 ans) s’est déjà fait remarquer avec L’impossible retour dont le sous-titre fait le résumé (Une histoire des Juifs en Allemagne depuis 1945). Passionné de foot, il est l’auteur d’un livre très original, Éloge de l’esquive, portrait historique du dribble, qu’il compare à la samba et à la capoeira.

Le style

Dans la lignée de De sang-froid de Truman Capote, La disparition de Josef Mengele tombe sous le coup du roman de non-fiction. Trois ans de recherches ont été nécessaires pour construire ce livre où tout est vrai, et où tout est rendu avec une objectivité glaçante. Un récit au croisement du journalisme et de la littérature. 

Ce qu’il en dit

Je ne suis pas historien, mon projet était donc d’écrire un texte littéraire, mais à partir de faits qui ont tous été fichés et vérifiés. Et c’est un livre sur Mengele, pas sur Mengele raconté par Olivier Guez. Je ne me mets donc pas en scène…”  

Découvrez l’interview d’Olivier Guez dans le Moustique du 15 novembre. 

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