VIDÉO. Loyle Carner met l’AB dans sa poche

Le jeune rappeur anglais a conquis l'AB avec un show à son image: authentique.

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Un petit fauteuil en cuir, un poste de télévision, du tapis, la scène de l’AB s’est transformée en salon cosy pour accueillir Loyle Carner ce jeudi soir. Le rappeur anglais qui monte s’est mis bien, presque comme à la maison, pour présenter Yesterday’s Gone son premier album classieux sorti au début de l’année. Un show qui débute comme la plaque: avec l’envolée des choeurs de The Isle of Arran, samplé de The Lord will Make A Way comme un certain Dr Dre avant lui. Il n’en faut pas plus pour soulever une Ancienne Belgique certes en mode box mais sold out depuis des semaines.

Le MC au charisme solaire attaque d’entrée, faisant galoper son flow au délicieux accent londonien sous un énorme maillot vintage de Manchester United orné à son nom qui prend des allures christiques. Dans sa main une autre tunique old school des Red Devils, hommage à son beau-père disparu fan de Cantona. La dédicace est encore plus touchante quand on sait que le gamin est Scouser, un supporter de Liverpool, l’ennemi historique du Nord de l’Angleterre. Benjamin Coyle-Larner, de son vrai nom, est comme ça. Son crédo c’est family first et il le démontre autant dans ses textes que par son naturel. Entre les morceaux où il explore les pensées intimes de ses 22 premières années, la nouvelle égérie d’YSL n’hésite pas à se livrer à l’audience, demandant poliment la permission de raconter une histoire ou prenant le temps de célébrer sa mère, centrale dans sa vie et son oeuvre. Il n’a peur d’imposer ni sa différence, ni son rap inspiré des 90’s coloré de notes jazzy, de Soul et de Gospel. Sans complexe mais pas sans pudeur, Carner ne joue pas, il faut le prendre tel qu’il est. Atteint de trouble de l’hyperactivité, il va vite sans être hystérique. Tellement technique qu’on dirait toujours qu’il rappe quand il parle. Seul bémol dans ce concentré de fraicheur: certains tracks sont expédiés un peu trop rapidement comme Damselfly qu’on aurait bien rallongé d’un ou deux refrains mais ne soyon pas trop gourmands.

Dans une ambiance bienveillante et détendue à souhait, l’AB se régale des confessions ciselées du prodige qui transpire l’aisance même quand il prend deux bonnes bouffées sur son inhalateur. Après cinquante minutes c’est déjà l’heure du rappel. Carner et son comparse Rebel Kleff reviennent avec l’explosif No CD qu’ils avaient gardé au chaud jusque là. Plutôt que de partir sur cette ultime montée de température il prend le pari de tirer sa révérence sur un morceau accapella, une dernière excentricité qui finit de tracer les contours d’un personnage 100% authentique. Keep it real Loyle.

Quelques extraits du concert:

The Isle of Arran

 

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Sun of Jean

 

~ “I’ve got pleasures, becoming pressures”. Sun of Jean. ? #loylecarner #sunofjean #concert #video @loylecarner #abconcerts

Une publication partagée par Nathalie Renard (@nathalie_renard) le

 

Freestyle

 

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