Les Rolling Stones inaugurent l’U Arena de Paris en fanfare

Moustique était en VIP pour le premier des trois concerts des Stones dans le nouveau temple du spectacle. Compte-rendu.

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Entrée 21, porte 204, rang 28, place 32. Ce jeudi 19 octobre, Moustique faisait partie des 40.000 privilégiés à pénétrer pour la première fois dans l’enceinte moderniste de l’U Arena, désormais la plus grande salle de spectacles couverte d’Europe, sise à Nanterre, à une centaine de mètres de l’Arche de la Défense. Pour inaugurer ces installations high-tech, ni plus ni moins que le plus grand groupe de rock and roll du monde : The Rolling Stones!! C’est sur l’intro vaudou de Sympathy For The Devil que les vétérans ont lancé les (d)ébats dans une ambiance, eh oui, diabolique. La soirée s’achevant comme il se doit par une version chaud boulette  de (I Can’t Gt No) Satisfaction. On vous résume tout ça.

La salle

D’une capacité de 40.000 places, l’U Arena a été entièrement financée sur fonds privés par le milliardaire Jacky Lorenzetti.  Implantée dans les Hauts-de-Seine à Nanterre (un bon dix kilomètres du stade de France) dans le quartier de la Défense, l’U Arena est destinée à accueillir des méga-concerts ainsi que des événements sportifs. Construite sur le modèle des arenas anglo-saxonnes  (on pense beaucoup au O2 de Londres), elle devient également le nouveau stade de rugby du club Paris 92 dont le propriétaire n’est autre que Lorenzetti.  Infrastructure modulable, terrain synthétique, sièges confortables, 95 loges VIP où l’on sert coupes de Champagne et cocktails dinatoires (on a testé, trop chouette), écran LED géant et, comme son nom le laisse indiquer, une configuration en forme de U pour qu’aucun des spectateurs ne puisse rater la moindre miette de l’événement… C’est du tout grand et ça faire va mal au stade de France (où le son est souvent pourri) et à l’AccorHotel Arena (ex palais omnisports de Bercy). Bref, à côté d’un tel bijou architectural, inutile de rappeler que le Palais 12 ressemble à un hangar et Forest National à une grotte préhistorique. Seuls bémols pour cette soirée inaugurale : le fléchage quasi inexistant aux alentours et un son loin d’être optimal ce jeudi. Les Stones se produisent encore à l’U Arena ces 22 et 25 octobre et Roger Waters sera dans la place le 8 juin.

Les Stones

Si vous avez lu sur ce site notre chronique du show donné par les Stones à l’Arena d’Amsterdam le 30 septembre, il n’y a rien à ajouter. Cinquante-trois ans après leur premier concert parisien (à l’Olympia avec Sylvie Vartan !), Les Stones sont au sommet de leur art. Les Stones s’amusent comme des gamins. Les Stones prennent toujours leur pied sur des morceaux qu’ils ont pourtant joué des milliers de fois. Ils ressuscitent des blues obscurs (Just Your Fool, Ride ‘Em On Down), réinventent leurs classiques (un Miss You en version funk, un Paint It Black qui finit en cavalcade) et se plantent comme tous les bons vrais musiciens (Let’s Spend The Night Together, Slipping Away massacré par Keith). Et puis il y a ces sourires permanents et ces moments où le temps est suspendu. Nous pensons à la banane de Keith Richards quand il balance le riff de Brown Sugar ou de Street Fighting Man.  Et on a encore les poils qui se redressent en se remémorant la performance du groupe sur la version de plus de dix minutes de Midnight Rambler ou sur un You Can’t Always Get What You Want de toute beauté.

Les Stones restent aussi irrévérencieux et on aime ça. Quand il annonce Let’s Spend The Night Together et que le public ne réagit pas au quart de tour, Mick souffle dans le micro « Désolé, on n’avait pas La Danse des Canards ».  Au milieu du set, il évoque les personnalités présentes dans la salle. « A mon extrême-gauche, Mélenchon (huées du public), à mon extrême-droite il y a Marine Le Pen (huées du public) et quelque part au milieu on a monsieur Macron (rehuées). »

Et la suite ?

Comme nous vous l’avions déjà annoncé, les Stones vont programmer de nouveaux concerts pour l’été 2018. L’Angleterre, oubliée de ce premier volet de la No Filter Tour, sera visitée. La Belgique est aussi en tête de liste (on rappelle que la scène des Stones est créée chez nous dans les ateliers StageCo appartenant à un certain Herman Schuermans. Ce n’est pas encore officiel mais, perso, on pronostique pour eux un TW Classic. Dans les bacs des disquaires, c’est toujours la folie Stones. Après la réédition de Their Satanic Majesties Request et la sortie du live Sticky Fingers  At The Fonda Theatre, les Stones annoncent le recueil d’inédits On Air pour le 1er décembre. On y retrouve pas moins de 32 morceaux enregistrés lors de shows radio donnés en Angleterre du 1963 à 1965. It’s only rock and roll… but we like it…

 

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