Zombillénium, une adaptation plus que réussie

Zombillénium, la BD à succès d’Arthur de Pins, s’est muée en long-métrage d’animation.

Zombillénium ©Prod

Les déboires d’un contrôleur de parc d’attractions un peu à cheval sur les principes, et dont la vie bascule lors d’une visite sur un site où les vampires mordent en live et où les zombies en sont pour de vrai ont déjà donné lieu à trois albums réussis. Suffisamment pour donner envie à l’auteur de se lancer dans un long-métrage d’animation. Bien lui en a pris, car cette histoire de mine du Nord fermée suite à une catastrophe meurtrière, et reconvertie en parc de loisirs, qui engage les morts-vivants locaux sur fond de chômage est truculente et émouvante.

À la tête du parc, Francis, un vampire qui pactise avec le Diable pour maintenir l’emploi. Un personnage touchant dont le réalisateur Arthur de Pins se sent proche, et pour cause: “Le personnage de Francis est inspiré de mon père qui gérait une entreprise d’une vingtaine de personnes… Il s’est fait licencier parce que jugé trop proche de ses ouvriers par la direction. Du jour au lendemain, ils l’ont remplacé par un jeune loup sortant d’une grande école.” C’est une des forces de ce film, dont le scénario et la réalisation filent comme un blockbuster, mais qui, déroulant une seconde couche, livrent un message lucide et fâché sur l’ultralibéralisme.

Dans Zombillénium, il y a ce contrôleur un peu coincé du règlement qui, mordu par un vampire, devra se révéler à lui-même pour retrouver le chemin de son cœur. Il y a cette sorcière en colère contre son Diable de père, mais il y a aussi une lutte de classes, zombies contre vampires, citoyens de seconde zone versus hipsters bien notés.  Un message subtil sous forme de règlement de compte dont de Pins est conscient: “Ça m’a plu de me moquer des vampires, c’est ma revanche sur Twilight, que j’ai détesté! Le méchant vampire de mon film représente cette tendance soutenue par les actionnaires de tout poil: le beau gosse que les gens sont censés vouloir voir, à la place des monstres purulents (rires). Alexis (Ducord, co-réalisateur, NDLR) a bossé pour des séries télés et moi pour la pub, donc on connaît par cœur ce discours lissant, où rien ne doit dépasser… Dans Zombillénium, nos héros, qui sont des gueules cassées, mettent la pâtée aux beaux gosses. Ce côté lutte des classes était déjà présent dans la BD, mais là, on y est allés à fond ”. Et nous, on leur dit merci ! 

Zombillénium, film d’Arthur de Pins et Alexis Ducord, adapté de la bd d’Arthur de Pins. Sortie en salles ce mercredi 18 octobre. A partir de 8 ans.

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