Girls in Hawaii: « Nous sommes fascinés par les productions de Booba »

Avec “Nocturne”, le groupe entre dans le monde adulte et signe un album épuré, à l’image de notre monde sombre et lumineux.

Sur Nocturne, les Girls osent enfin des textes sociétaux. © Olivier Donnet

Pour l’illustration de la pochette du très attendu “Nocturne”, Girls In Hawaii a  choisi une peinture  de l’Anglais Tom Hammick. Un tableau à la fois sombre et lumineux. Minimaliste et travaillé. On y devine la mer, on aperçoit une montagne. Il y a des hauts et des bas, des courbes et des lignes de fuite bien droites. Au sommet, une boule de feu d’un rouge éclatant. Ou sanglant. La vie, quoi. La leur, la vôtre…

Tous ces éléments résument parfaitement les dix chansons de “Nocturne”, nouveau disque de la formation francophone arrivant quatre ans après “Everest”, album de la résurrection qui avait été accouché dans la douleur et le souvenir du batteur Denis Wielemans, disparu tragiquement dans un accident de la route. “Ce disque a été conçu de manière picturale”, souligne Lionel Van Cauwenberghe, chanteur multi-instrumentiste. “Quand on a terminé le mixage, on a cherché l’illustration qui symbolisait le mieux notre musique. Le tableau de Hammick nous a subjugués. Selon votre point de vue, vous pouvez y sentir la peur, la solitude mais aussi la joie de vivre et la luminosité.

Sur “Nocture”, Girls In Hawaii ose enfin casser la formule “guitare en arpège”. Déjà invitée sur “Everest”, l’électro sublime les titres les plus enivrants du disque. On pense à Indifférence et son gimmick eighties au synthé, Overrated sur lequel l’auditeur se laisse porter par un crescendo désespéré, Blue Shape, ballade – eh bien oui – nocturne, ou encore le très Radiohead Cyclo. Délaissant leur prose post-adolescente, les Girls rentrent dans le monde adulte et assument pour la première fois des textes sociétaux à l’instar du bouleversant Up on the Hill, métaphore sur la société qui se détraque ou Blue Shape inspiré par la photo d’Aylan, ce petit Syrien de 3 ans retrouvé mort sur une plage turque.

Tous les membres de Girls In Hawaii sont désormais pères de famille. En quoi cela change-t-il votre rapport aux chansons?

LIONEL VAN CAUWENBERGHE – Jusqu’à “Everest”, la plupart des chansons de Girls versaient dans le questionnement personnel. Avec “Nocturne”, nous voulions cesser de parler de nous et de nos petits tracas. C’est lié à l’âge, mais aussi à notre récente paternité. Quand tu fondes une famille, ton point de vue change complètement. L’enfance, tu la vois désormais de l’extérieur. Tu ouvres les portes et tu regardes ce qui se passe autour de toi.

ANTOINE WIELEMANS – Jusqu’à présent, nous nous étions interdit d’évoquer des sujets sociétaux. Mais à un moment, tu dois arrêter de te l’interdire, même si tu sais que tu ne seras jamais Bob Dylan. Comme Lionel le dit, nous avons ouvert la porte et nous nous sommes laissé influencer par le monde. Et quand tu l’observes, tu vois de belles choses mais aussi des réalités plus tragiques. Ce qui est intéressant quand tu fais de la musique, c’est que tu peux utiliser cette réalité pour en faire quelque chose d’esthétique et de beau.

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