« Les proies », le fabuleux conte cruel de Sofia Coppola

Sofia Coppola adapte un roman de Thomas Cullinan. 

Nicole Kidman, à l’assaut du plafond de verre hollywoodien. @Isopix

En pleine guerre de Sécession, un soldat nordiste blessé (Colin Farrell) est recueilli dans un pensionnat de jeunes filles sudistes. Tandis que le jeune homme se rétablit, il devient l’objet des fantasmes des pensionnaires et de la directrice, l’ambiguë Miss Martha (Nicole Kidman, impériale). Avec un recul magistral qui transforme ce huis clos historique en fabuleux conte cruel, Sofia Coppola adapte un roman de Thomas Cullinan dont Don Siegel avait tiré une interprétation très masculine avec Clint Eastwood.

En prisonnier vulnérable et impuissant, Farrell se laisse peu à peu défaire de sa virilité. Face à lui, Coppola filme les différents stades de la femme, conservant son style éthéré inimitable, attentif aux trouées de lumière sous lesquelles couve le drame. Avec une maturité nouvelle, elle jouit de ses personnages avec un second degré ultra-maîtrisé, jusqu’au basculement final en forme de castration cinématographique inédite. Près de vingt ans après The Virgin Suicides, ce conte pour adultes valait bien une consécration cannoise.

Les proies – Réalisé par Sofia Coppola. Avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst,  Elle Fanning – 93’.

 

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