Le pont du Bosphore, le dernier joujou d’Erdogan

Dernière étape de notre série d’été consacrée aux ponts de légende. À Istanbul, celui-ci bat tous les records pour répondre aux ambitions pharaoniques du président turc. 

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En juillet 2016, des militaires turcs avaient tenté de renverser le régime du président Recep Tayyip Erdoğan avec des chars blindés, des avions de guerre, des hélicoptères. Les mutins avaient déclaré s’être emparés du pouvoir sur  la télévision d’État, avaient bombardé le parlement et effectué une descente à la station balnéaire où séjournait le président. Ce dernier avait toutefois déjà quitté les lieux et la tentative de putsch a été contrecarrée par des citoyens et les forces de sécurité demeurées loyales. Au milieu du conflit, le pont du Bosphore a notamment été le théâtre d’affrontements entre civils et militaires. Les confrontations ont fait quelque 2.000 blessés à travers le pays et 35 mutins ont également perdu la vie. 

Quelques jours à peine après la tentative de coup d’État, le célèbre pont était rebaptisé “le pont des Martyrs du 15 juillet”. Comme s’il appartenait déjà au passé… C’est qu’à quelques kilomètres de là, à l’entrée de la mer Noire, un autre monument lui fait déjà de l’ombre. Le troisième pont du Bosphore, le Yavuz Sultan Selim. Une commande “personnelle” du président Erdoğan, inaugurée en grande pompe le 26 août 2016, un mois et demi à peine après le putsch qui a failli le faire vaciller.

Cet ouvrage à dix voies – huit voies autoroutières et deux voies ferrées au milieu – cumule les records mondiaux (voir encadré). Vu du ciel, le projet est encore plus spectaculaire: ce n’est pas seulement un pont mais une nouvelle autoroute de 257 kilomètres qui traverse l’ouvrage, reliant l’Europe et l’Asie.

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