Les Solidarités 2017: une réussite bluffante

Affluence record, site réaménagé, enfants particulièrement privilégiés, découvertes  et têtes d’affiche qui tiennent leur rang... Cette édition sold-out du festival namurois qui se clôture ce soir avec Patrick Bruel affiche un bilan  exemplaire.  Explications.

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Affluence record

Le festival affichait complet avant son coup d’envoi, soit 45.000 personnes en deux jours dont 10.000 enfants. Cette affluence record était prévisible pour ce dimanche qui accueille le populaire Patrick Bruel.  Elle l’était moins sur le papier pour la journée de samedi qui misait davantage  sur la jeunesse (Lost Frequencies, Roméo Elvis, Aluaro Soler), la qualité pop (Puggy) et les talents émergents (RIVE, Konoba, le collectif flamand hip-hop Slongs Dievanongs). L’audace et le pari sur le futur ont payé.  Comme quoi, on peut  attirer la toute grande foule en misant à la fois sur des artistes fédérateurs et  des découvertes.

Le site

 D’une superficie de 12 hectares (le double par rapport aux premières éditions), le site du festival exploite parfaitement  tous les atouts de l’environnement exceptionnel de la Citadelle de Namur: l’acoustique naturelle du Théâtre de Verdure et son aspect « chaudron intimiste » où les jeunes rappeurs étaient particulièrement à leur affaire ce samedi, la vue imprenable lorsqu’on redescend vers l’esplanade où se trouve la grande scène et, enfin, le cadre boisé  pour les découvertes qui se produisent dans le bien-nommé Maquis.  Si on ajoute les nombreux espaces dédiés aux enfants (plaines de jeux, murs d’escalade, maquillage, …), des stands food/drink  cashless (payement exclusif par carte rechargeable) ,  des points d’eau potable gratuits , des sanitaires parfaitement entretenus (un exemple à suivre pour Dour) et de nombreux espaces « chill », les Solidarités offrent l’un des plus beaux sites pour un festival en Wallonie. Le seul bémol vient du côté de la mobilité. Piéton, usage des navettes Tec ou automobiliste, il faut être patient pour accéder du centre de Namur à la Citadelle.

Puggy, la force tranquille

Le trio termine sa tournée comme il l’a commencé: sur les chapeaux de roue.  Un an et demi après la sortie de leur dernier album studio Colours, tous les indicateurs sont dans le vert. Le groupe est adulé, les concerts euphoriques succèdent aux concerts euphoriques, les trois garçons dans le vent viennent de signer la bande-son d’un  blockbuster d’été (Bigfoot Junior) et ils ne montrent pas le moindre signe d’essoufflement sur scène. A Namur, ils ont livré un set en forme de best of et c’est exactement ce que le public familial attendait. Après une ultime salve avec chorale gospel lors du festival Des Libertés le 27 octobre prochain au Théâtre National de Bruxelles, les membres de Puggy se retireront pour mener à bien des projets artistiques plus personnels.

Le rap bruxellois en force

Ce samedi, c’ était la fête totale au théâtre de Verdure avec successivement Akro, ancien Starflam et nouveau boss de la radio digitale Tarmac (RTBF), le duo Caballero & JeanJass et bien sûr le champion de l’été Roméo Elvis qui est venu avec son bermuda blanc, son crocodile vert et une niaque de feu. On utilise souvent l’expression « il a tout retourné » à son égard. Et de fait, Roméo Elvis a foutu un sacré boxon en début de soirée, galvanisé il est vrai, par une assistance ado qui connaît sa prose urbaine par cœur. On a beau chercher, on ne voit pas un seul groupe de rock belge capable de susciter de tels pogos aujourd’hui. Pour compléter cette affiche 100% hip-hop Bruxelles (arrive), il ne manquait plus que Damso qui boxe déjà dans une autre catégorie. Mention spéciale pour le vétéran Akro qui, avec un groupe live, a montré qu’il restait toujours pertinent.

RIVE toujours plus haut

En début d’après-midi, mais déjà devant une assistance chaleureuse et attentive, le duo RIVE a encore atteint des sommets. Entre chanson française, électro mâtinée de trip-hop et dream pop, le duo soigne le fond aussi bien que la forme.  A chaque prestation, le set de Juliette et Kevin gagne en intensité. On les revoit ce 21 septembre au Botanique, un lieu qui leur a toujours porté chance. Un de nos meilleurs atouts musicaux. Rare et précieux à la fois.

Tiken Jah Fakoli

Annoncé depuis deux ans aux Solidarités, le mage rasta de la Côte d’Ivoire est enfin arrivé à la Citadelle. Servi à l’heure de l’apéro, avec soleil qui se couche au loin sur les méandres de la Meuse, son concert a rendu heureux et a fait danser. Entre un refrain bercé d’espoir (Quand l’Afrique va se réveiller),  secousses dub claquantes,  l’énorme Plus rien ne m’étonne toujours d’actualité et une dédicace obligatoire au grand Bob (Marley) le temps de l’évident  Get Up, Stand Up, Tiken Jah Fakoli  a transformé cette date exclusive belge en grand moment.

Notre top 3 concerts

Romé Elvis, Tiken Jah Fakoli, RIVE.

 

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