Esperanzah! 2017 : 47Soul pour lancer la fête

A Floreffe, la scène côté cour s’appelle désormais Futuro. En ce début de journée – enfin, il est quand même déjà 16h15 -, on se dit que ce n’est pas faux. Première étape d’une journée entre découverte et valeurs sûres…

 

© Geoffray GODFURNON

Si 47Soul, qui y essuie les plâtres, n’a rien de fondamentalement inédit dans ses sonorités, cette house arabisante fédère ces temps-ci la jeunesse syrienne, gazaouite ou d’ailleurs dans la région. Imaginez : vous confisquez le keffieh d’Omar Souleyman, vous l’encadrez par quelques musiciens dont un guitariste préposé aux riffs poisseux, vous rafistolez son synthé orientalisant et hop, vous obtenez une sorte de cocktail dabkeh / shamstep.

Orient synthétique

47Soul, c’est donc comme du dabkeh (cette danse traditionnelle des mariages et autres fêtes), mais avec plus de variété dans les mélodies, du chant en anglais et en arabe, et des refrains qui soulignent l’engagement de ces quatre Palestiniens, engagement contre les murs et les frontières. Quelques drapeaux s’agitent d’ailleurs dans le public… « I dont care where you come from » scandent-ils. « Every land is a holy land » ! S’ils avaient joué plus tard, disons en début de nuit, c’est sûr qu’ils auraient complètement mis le feu, avec leur petit quelque chose de Manu Chao version Radio Bemba.

Ce nom de 47Soul fait évidemment référence à 1947, année où fut signé le plan de partition de la Palestine. Les quatre artistes/activistes se sont découverts via le Net et lancés ensemble à Amman en Jordanie avant d’aller finalement s’installer à Londres. Dans la foulée de leur ep « Shamstep » (crowdfundé) sorti en 2015, un album devrait sortir en octobre prochain…

Bruxelles arrive… encore

Côté Jardin, le passage sur scène de Scylla aura laissé quelques traces. Genre pavés descellés ou roses déracinées, par les beats telluriques et la voix grave du rappeur des abysses. Qui devient touchant quand il calme le jeu avec « Vivre »… pour revenir en plus explosif encore avec son emblématique « BX Vibes », dont le gimmick a dû s’entendre à des kilomètres à la ronde.

Jacques, lui, a opté pour un couvre-chef, genre turban de maharaja, mais qu’il finira quand même par laisser tomber. Comme son bidon en plastique, sa barre de fer, son saladier et des tas d’autres « brols » encore qui contribuent à donner du son à sa house de bricoleur fou. Avec une petite baisse de régime après trois-quarts d’heure de beat, cela dit. N’empêche : ici, on ne slamme pas, on se fait envoyer en l’air par quelques camarades musclés et secourables ! Authentique ! En remontant vers le Jardin, on croise une chenille : celle des familles et de quelques fêtards agglutinés autour d’une fanfare baladeuse. Qui reprend les Poppys, tiens ! Quelques minutes avant qu’Imany, elle, ne reprenne le « Bohemian Rhapsody » de Queen et enchaîne avec son tube : « Don’t be so shy ». La soirée s’annonce douce, on attend Gregory Porter pour la clôturer.

 

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