Arcade Fire: « Nous prônons la fête »

Le groupe montréalais veut tout et tout de suite sur un nouvel album hédoniste qui bouscule une nouvelle fois tous les codes de la pop. Entretien exclusif.

af1_credit_guy_aroch-137056845

Jeudi 29 juin, 20h50, plaine de Rock Werchter. Arcade Fire monte sur scène pour délivrer un show 100 % feel good. En cerise sur le gâteau, la formation montréalaise dévoile devant 85.000 personnes trois chansons de “Everything Now”, cinquième tome de ses aventures soniques qui sera commercialisé ce 28 juillet. Trois chansons  pour danser. Trois chansons pour rêver éveillé. Trois salves hédonistes qui touchent les cœurs malades et les corps endoloris. Ce soir-là, dans la plaine du Brabant flamand, la fête est totale. Du haut de ses 190 centimètres et avec son look de mormon du futur, Win Butler est considéré comme le guide spirituel du collectif. Mais en live, il n’y a pas de chef. Il n’y a pas de second rôle. Tous les musiciens sont à l’avant-plan. Ils courent dans tous les sens, sautent, dansent et n’arrêtent jamais de jouer.

Quelques heures plus tôt, les multi-instrumentistes Will Butler et Richard Reed Parry attendent Moustique dans le backstage de Werchter pour révéler en exclusivité les secrets de fabrication de “Everything Now”. Coréalisé avec Thomas Bangalter, moitié de Daft Punk, et par Steve Mackey, bassiste britpop de Pulp,  ce disque ne ressemble à rien d’autre. On y entend des sons électros, une boîte à rythmes, de la country futuriste, du rock, du disco et des refrains pop. Les envolées épiques y côtoient des influences improbables (Moroder, Supertramp, ABBA) qui feront grimper aux rideaux les puristes. Et c’est bien sûr là que ça devient génial. Ces mecs-là n’en font qu’à leur tête et ils ont bien raison.

L’industrie musicale pense que c’est un suicide commercial de publier un album en juillet. En sortant “Everything Now” cette semaine, voulez-vous montrer que Arcade Fire n’est pas un groupe comme les autres?

WILL BUTLER – Initialement, nous souhaitions sortir notre album en juin, mais nous avons pris du retard. Notre label nous a ensuite rappelé que personne n’achetait des disques en juillet et qu’il fallait repousser la commercialisation de “Everything Now” à la rentrée. On s’est dit: osons ce qu’aucun groupe  rock n’a jamais osé et présentons notre bébé le 28 juillet. Nous verrons bien.

RICHARD REED PARRY – Enregistrer un album d’Arcade Fire est toujours un long processus. “Everything Now” nous a pris environ un an et demi. Quand vous arrivez au bout d’une telle expérience, vous êtes excité comme un gamin. Tout ce qui peut alors retarder la sortie du disque devient contrariant. Personnellement, je trouve que le timing est parfait. C’est marrant, parce que lorsque je vous dis ça, je me rends compte que le titre de ce nouvel album (qu’on peut traduire par “Tout, tout de suite”) résume parfaitement notre état d’esprit.

Pour découvrir la suite de l’interview, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité