Pet Shop Boys: « Aujourd’hui, les possibilités sont illimitées »

Exclusivité électro glamour du Brussels Summer Festival, où il se produit le 15 août, le duo veut sauver le monde au nom du fun et de la dance. Un texte adapté de l'interview d'A. Harisson.

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Un an après la parution de son treizième album “Super”, le duo anglais formé de Neil Tennant et Chris Lowe est l’invité de prestige du festival urbain bruxellois. Et la perspective d’entendre sur la place des Palais des perles électro pop intemporelles comme West End Girls, Suburbia ou Always On My Mind est particulièrement réjouissante. Pour cette tournée, les Pet Shop Boys ont fait appel à la directrice artistique anglaise Ed Devlin, à qui l’on doit notamment la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Rio et les scénographies.  Cette date exclusive est d’autant plus prestigieuse que les Pet Shop Boys ont été particulièrement sélectifs sur le choix des villes visitées au cours de ces pérégrinations live entamées en mars 2016 aux États-Unis. 

Votre album “Super”, tout comme cette tournée, baigne dans l’hédonisme. Est-ce une réaction à la morosité ambiante? 

Neil Tennant – Ce que vous entendez sur “Super” reflète surtout la manière dont nous travaillons, Chris et moi. Généralement, quand nous commençons à enregistrer un nouvel album, on reprend  là où nous nous sommes arrêtés sur le précédent, pour voir si l’histoire que nous avions racontée peut rebondir dans un autre sens. Il se trouve que Vocal, le dernier titre mis en boîte pour “Electric”, était notre préféré. On est partis de Vocal pour commencer “Super”. Ces deux disques se tiennent. Ils baignent dans un climat hédoniste, c’est vrai, mais je crois qu’on peut dire ça de beaucoup de nos albums.

À sa sortie, “Super” a été décrit comme un retour aux sources. Vous êtes d’accord?

Chris Lowe – En radicalisant notre son, on revient effectivement à un côté plus brut de la dance music telle que nous l’écoutions à nos débuts. “Super” est un album moderne à bien des égards, mais il célèbre le bon temps et une certaine forme d’insouciance. Quand j’écoute ce disque, je me revois dans les clubs de mon adolescence.

Êtes-vous nostalgiques du Londres que vous chantiez sur votre tube West End Girls?

N.T. – Le Londres de nos vingt ans n’est plus le Londres d’aujourd’hui. Dans les années 80, Londres était une ville plus humaine, plus sociale. Aujourd’hui, tout tourne autour de l’argent, du business et de l’apparence. Ce n’est pas un discours de vieux que je tiens. C’est la réalité.  La chanson Twenty Something qui figure sur notre dernier album “Electric” est née comme ça. Je décris la jeunesse d’aujourd’hui comme je la ressens. Mais, au fond, c’est une chanson pleine d’espoir.

Auriez-vous aimé débuter votre carrière dans le Londres d’aujourd’hui?

C. L. – À nos débuts, c’était difficile de trouver de bons synthétiseurs. Il y avait très peu de choix. Aujourd’hui, les possibilités sont illimitées. Pour les geeks que nous sommes, c’est génial. Tu peux trouver les sons que tu veux sans sortir de ton salon. Il ne faut même plus aller en studio. Techniquement, c’est plus facile et moins coûteux de faire un album électro aujourd’hui. Mais tout progrès a ses revers. En s’isolant, ton ego peut finir par t’aveugler et ce n’est pas une bonne chose.

Pet Shop Boys est davantage reconnu pour la force mélodique de ses chansons que pour les textes. Êtes-vous frustrés?

N.T. – Non, car on ne se considère pas comme un groupe cérébral. J’ai toujours aimé les artistes qui parvenaient à faire passer un message ou étaient capables de refléter le monde sans se prendre la tête. Pet Shop Boys a toujours collé à son époque. Un mot, un son, des images utilisées en concert peuvent faire passer beaucoup d’idées. Sur notre dernier disque, il y a des chansons comme Pazzo! et Happiness qui rappellent que les gens ont plus que jamais besoin de fun. Le morceau Groovy reflète, pour sa part,  le monde narcissique dans lequel on vit avec l’explosion des selfies et des réseaux sociaux où le “moi” règne en maître. On  ne dit pas que c’est bien ou que c’est nul. On se contente de mettre le doigt dessus.

Est-ce que la musique pop reste le meilleur outil pour exprimer ses idées?

N.T. – Je ne sais pas ce qu’est la musique pop aujourd’hui. Mais la musique en général reste un bel outil d’expression. Plus on vieillit, plus on s’en rend compte. À nos débuts, nous rêvions de signer des tubes et de passer à la radio. Aujourd’hui, nous avons toujours envie de créer des chansons populaires dans le sens noble du terme. Mais on sait qu’elles ne seront plus diffusées à la radio qui est devenue un média trop formaté. Finalement, on se sent plus libres de faire ce qu’on veut et nous en profitons.

Le 15 août sur la Place des Palais à 22h30.

 

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