Dour 2017: l’interview exclusive de Justice avant son concert de clôture

Dix ans après sa première apparition sur le de la Machine à Feu, le duo frenchie clôture le festival ce dimanche avec un show énorme. Entretien warm-up avec Xavier de Rosnay.

justice2 DR

Composé de Xavier de Rosnay et de Gaspard Augé, le duo électro parisien offre ce qui se fait de mieux dans la catégorie “musique hédoniste pour dancefloor”. Avec trois albums à son actif, des remixes glamour et une esthétique clairement identifiable, aussi bien dans le son que dans l’image, Justice s’impose comme l’un des tickets les plus chauds de cet été. Interview exclusive avec Xavier de Rosnay en amont du show de clôture que le duo parisien offrira ce dimanche 16 juillet.

Pourquoi Justice a-t-il pris l’habitude de débuter ses tournées dans les festivals plutôt qu’en salle?

XAVIER de ROSNAY – Les dates en festival sont plus “difficiles” que les concerts en salle. Ça nous permet de voir rapidement si nous sommes au point. En festival, tu sais qu’une grosse partie du public ne vient pas forcément pour toi, tu as moins de temps pour monter et démonter le matériel, certains paramètres techniques t’échappent complètement. C’est plus stressant à gérer en amont mais aussi plus gratifiant quand tout se passe bien.

Un groupe comme Justice peut-il encore  se permettre beaucoup de spontanéité sur scène?

Il y a deux manières d’envisager un live. Soit tu cherches à te surprendre chaque soir en proposant des choses différentes, soit tu essaies de faire chaque fois un peu mieux en gardant la même base. Justice choisit cette deuxième option. Il y a très peu d’improvisation dans nos live. Et quand on veut tenter quelque chose de nouveau, on se met d’accord au préalable avec toute notre équipe.

Visuellement, le live de Justice répond davantage aux codes du rock que de l’électro. Pourquoi ce contre-pied?

Pour les concerts, la grande tendance en électro, c’est de voir un artiste coincé entre sa console et un écran LED géant qui diffuse des vidéos. Le spectateur ne sait pas ce qui se passe vraiment en live puisque tout est caché. Justice a toujours voulu s’éloigner de ce schéma. Nous formons un groupe, on avance à découvert. Justice, ce sont deux mecs identifiables. Nous n’avons jamais voulu nous cacher. Pour cette tournée, nous n’utilisons aucune vidéo, on joue de profil avec nos machines bien en vue et toutes les lumières sont réglées manuellement. Tout est centré sur la musique et ceux qui la créent.

Comment vous répartissez-vous les rôles au sein de Justice avec Gaspard Augé?
Sur scène, Gaspard et moi utilisons grosso modo les mêmes machines. En studio, le rôle dépend de celui qui amène l’idée du morceau. Rien n’est figé. Nous n’avons jamais pensé que les frictions étaient les ennemies de notre amitié. Au contraire. Il y a souvent des débats entre nous. Parfois, j’ai un train d’avance ou un train de retard sur Gaspard, c’est ce qui fait avancer notre projet. Mais au final, nous sommes 100 % d’accord. Tout ce que vous entendez de Justice sur scène ou sur disque est totalement assumé par Gaspard et moi-même.

Justice n’a jamais été adepte du featuring. Pourquoi?
En hip-hop et en électro, c’est devenu trop systématique comme démarche. Neuf fois sur dix, un featuring s’apparente à du racolage. Tu invites une célébrité sur ton disque et ça fait le buzz. C’est des trucs de marketing et de réseaux pour toucher d’autres cibles. Nous avons fait plusieurs collaborations avec d’autres artistes, mais ce ne sont pas des gros noms. Nous sommes plus attirés par la nouveauté que par les choses établies.

Votre dernier album s’intitule “Woman”,  le mot le plus “puissant” selon vous. Explications?

Il y a une grande part d’affectif dans ce choix. Nous avons grandi dans un environnement et un imaginaire où le mot “woman” représentait quelque chose d’important. Le terme “woman” est même plus fort soniquement et esthétiquement que “femme”.

Qu’est-ce que le Dour Festival vous inspire?

On n’y a joué qu’une seule fois en 2007. J’ai le souvenir d’une ambiance détendue et d’un public qui n’est pas trop dans la pose, ce qui est hélas le cas dans beaucoup d’autres festivals. Notre prestation cette année en clôture déterminera si nous faisons partie de l’histoire de Dour ou pas. 

 

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