Dour 2017: le top/flop de la première journée

Succès de foule pour la première des cinq journées de festival. La tête d’affiche M.I.A. déçoit. Vald et Damso mettent le feu.

m.i.a. copyright Franz Romualdi.jpg

M.I.A. était  l’attraction principale de cette première des cinq journées du Dour Festival où pas moins de 236 artistes doivent se produire d’ici ce dimanche 16 juillet. Mais malgré une grosse production et des danseuses qui ont fait monter la température, la chanteuse d’origine sri-lankaise nous a laissés sur notre faim. Dès Borders, chanson sur la crise des migrants tirée de son dernier album A.I.M. paru en septembre 2016, on  sent que quelque chose cloche. La voix est en play-back assisté, les infrabasses sont assourdissantes et la star altermondialiste est en représentation plus qu’en mode démonstration. Son DJ a beau s’époumoner pour relancer la machine, il faudra attendre vingt minutes, Bucky Done Gone, l’excellent Bring The Noize (tiré de Matangi) pour que la bouillie sonore se transforme enfin en  tapis musical plus ou moins confortable.

Show formaté

En malaxant de manière artisanale hip-hop, funk 2.1, électro et ragga dance-hall. M.I.A. a réinventé le concept de sono mondiale sur cinq albums portés par des thèmes nobles: la défense des minorités, la crise migratoire, la réincarnation, le karma, la mondialisation, la redistribution des richesses. Mais sur scène, sa prestation est loin de toutes ces valeurs et beaucoup plus proche du show formaté « clef sur porte » que des artistes mainstream nous servent à longueur d’année. Merde, elle est où la rebelle des débuts qui faisait trembler les fondations du Pukkelpop à l’époque de son premier brûlot Arular en 2005? Pas à Dour en tout cas. Même son coup de faire monter sur scène des spectatrices des premiers rangs est « fake ». On comprend bien vite qu’elle a choisi deux assistantes de son équipe plutôt que deux festivalières venues planter leur tente au pied des terrils.

Paper Planes

Après moins de 45 minutes, Mathangi Maya Arulpragasan (son vrai nom) balance son micro et se casse dans le backstage. Elle revient pour un rappel obligatoire où Bad Girls, Fly Pirate et l’incontournable Paper Planes sauvent le set du naufrage total. On attendait beaucoup plus d’elle…

 

Bonjour Vald

Du côté de la Last Arena, Vald rassemble la foule sous un soleil couchant. Fort d’une prestation inoubliable lors de l’édition précédente, le rappeur d’Aulnay-sous-Bois débarque ici en territoire conquis. Air Max fluo et training rigolo, la coqueluche de Dour met directement ses bonnes manières en pratique. En guise de salutation, son tube Bonjour  grille la politesse au chalumeau avec des mots arrachés au grand n’importe quoi quotidien :  « Le respect s’demande pas, le respect se prend, Le respect se perd. » Certes.

Ambassadeur du surréalisme, Vald flirte régulièrement avec l’absurde dans des morceaux qui doivent autant à la pornographie qu’à la sociologie. Insolent, inventif, souvent drôle, parfois dérangeant, Vald secoue le cocotier du hip-hop francophile en empruntant les codes de la culture yankee. Sous des textes dopés au second degré, on reconnaît ainsi des idées chipées chez Lil’ Wayne, Future ou Eminem. Lunettes de soleil sur les cheveux, dans la nuque ou sur les yeux, le Parisien fait valser des titres tirés d’Agartha, un premier album solo publié, tout début d’année, à l’ombre des grosses campagnes promo. Si j’arrêtais, Je t’aime, Ma meilleure amie et le single Eurotrap défilent. C’est cool. Mais quand il s’agit de mettre le feu sur la plaine, Vald peut compter sur ses réussites 2.0 : des hits adoubés sur YouTube et adorés par les festivaliers. Dans le genre, Promesse  et Selfie font des étincelles. C’est chaud chaud chaud. 

Damso fout le boxon

Finalement, la vraie tête d’affiche de ce premier jour était Damso. Comme aux Ardentes vendredi dernier, le rappeur belge d’orgine congolaise a tout retourné. Comme aux Ardentes, Damso a montré qu’il était loin au-dessus de la mêlée et que son dernier album Ipséité  regorge à la fois de chansons bien sales  (Nwar Is The New Black, #QueduSaalVie) et de tubes radio (Macarena, Signaler). Il aurait mérité de jouer en plein air sur la grande scène The Last Arena. Ce sera sans doute pour l’année prochaine. Grosse, grosse, ambiance…

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