Ardentes 2017 : Placebo en état de grâce

La formation emmenée par Brian Molko a remis les guitares et les envolées glam pop à l’honneur ce samedi. Un grand moment de cette onzième édition et peut-être l’un de leurs meilleurs concerts donné en Belgique. On vous dit pourquoi.

placebo copyright Mathieu Golinvaux

De l’émotion, des mélodies incandescentes, un public réceptif et un groupe qui joue libéré de toute pression. Il n’en fallait pas plus pour transformer le concert de Placebo en expérience unique ce samedi, en bord de Meuse.  L’assistance, tanguée jusque-là par la déferlante de hip-hop, d’infrabasses, de beats préprogrammés  et de flow rebelle a accueilli comme le messie Placebo, ce groupe qui reproduit sa musique en live avec de « vrais » instruments. Mais il y a plus encore.  La tournée actuelle de Placebo est celle du vingtième anniversaire de sa formation. Il n’y a pas de nouveau disque à promouvoir, pas de titres ou de concept à imposer.  Juste l’envie de dresser un bilan, dépoussiérer des hymnes incontournables, ressusciter d’autres perles oubliées et, sans verser dans un trop-plein de nostalgie, montrer que la magie et l’enthousiasme des débuts est toujours là.

L’avis de Brian

Sans le moindre round d’observation, Placebo entame les débats avec un Pure Morning d’une rare fluidité. Le son est grandiose, les musiciens hyper concentrés et la voix de Molko n’a rien perdu de son magnétisme. Le parc de Coronmeuse est plein à craquer. Les bras se lèvent, les couples s’enlacent dans la nuit, les voix reprennent à l’unisson ce refrain générationnel et les frissons parcourent les cœurs et les corps. De frisson, il en est aussi question avec une version poignante de Too Many Friends, chanson qui dénonce l’intolérance et le bashing sur les réseaux sociaux. Et que dire de l’interprétation à couper le souffle  de Protect Me What I Want tirée de l’album Sleeping With Ghosts. Les larmes nous en sont presque venues…

Hommage à Bowie

Sur Without You I’m Nothing (Sans Toi Je Ne Suis Plus Rien), le morceau qui suit, Placebo rend hommage à David Bowie qui avait apporté sa contribution à un remix de ce titre  en 1999. Sur les écrans, on voit un Bowie enthousiaste qui répète ce duo avec Brian Molko maigrichon s’accompagnant d’une gratte acoustique. Ces images ont été filmées dans le backstage de l’Irving Plaza à New York en 1999.  A la fin de la chanson, la vidéo se met en « Pause » pour fixer un fou rire flamboyant du Thin White Duke. Trop beau, trop fort. « Sans toi, je ne suis plus rien. »…

Communion

Sans trop s’attarder en bavardages, Molko and co enfoncent le clou avec For What It’s Worth, Special K, A Song To Say Goodbye, The Bitter End et un Nancy Boy aux sonorités délicieusement glam avant de délivrer en rappel la cover reliftée de Running Up That Hill de Kate Bush. La messe est dite. Tout le monde a communié et en veut encore. Ce samedi, Placebo était touché par la grâce. Le concert était bien meilleur que celui donné ici-même en 2014. C’est même l’une des plus belles prestations livrées en Belgique -terre natale de Brian-, qu’il nous a été donné de voir depuis longtemps. Décidemment, cette onzième édition des Ardentes enchaîne les prouesses.

 

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