Ardentes 2017: Damso balaie tout sur son passage

Dire que Les Ardentes ont réussi leur virage urbain est un euphémisme. Le bilan de la soirée de vendredi parle de lui-même. Les records d'affluence sur le point d'être battus.

damso copyright Mathieu Golinvaux

Certains ne s’y retrouveront certainement pas. D’ailleurs à tous ceux qui venaient passer leur week-end en famille sur les quais de la Meuse pour profiter tranquillement d’une bière entre les vapeurs d’un groupe de rock liégeois et d’un chanteur français, il faut expliquer que maintenant le polo-col remonté a laissé place aux maillots de basket des Spurs ou des Sixers. Qu’on ne dit plus  « Salut! mais »  « Yo, gros! » et qu’on n’entame plus les refrain de Seven Nation Army pour chauffer l’ambiance dans un concert, mais qu’on favorise plutôt les paroles de Bruxelles-Bruxelles Vie, » tous les jours je roule un pli ». La preuve ultime avec la prestation de Damso, génial géniteur de ces paroles, dans l’ambiance poussiéreuse de la Wallifornia Beach. 

Damso retourne la Wallifornia

Carrure de buffle, sourire de vrai gentil, Damso démonte tout et tout le monde sur son passage porté par les ambiguïtés de son Ipséité. Difficile d’ailleurs de se frayer un chemin pour tenter d’apercevoir le haut du crâne de William Kalubi de son vrai nom, tant la foule est dense, danse, danse. Marée humaine ultra-enthousiaste de découvrir enfin en live le poulain bruxellois de Booba. C’est que le bonhomme se fait rare en concert. Pas encore de dates en salle, quelques-unes en festivals, comme son  coach Elie comme il le nomme dans Mosaïque Solitaire, Damso a décidé de cultiver son mythe et de planter ses racines bien profond avant de faire le grand saut. C’est seul ou presque qu’il occupe la scène. Même pas besoin de backeur pour assurer ses arrières. Faut dire que pour le coup, ce n’était pas nécessaire, tant la masse ravie de scander  Je veux du sale aurait coupé la chique à une deuxième voix. Une heure de furie, de mosh-pit incontrôlés et de vraie joie du public face à des hymnes comme Bruxelles Vie ou Nwaar Is The New Black qui résonneront en écho pendant toute la nuit sur le site des Ardentes.

Rae Sremmurd font le show

Que Slim Jxmmi, moitié du duo de Rae Sremmurd, se soit fait lâchement arracher son collier à 100.000 dollars il y a quelques jours lors d’un concert à Paris alors qu’il prenait un bain de foule aurait pu entacher l’énergie des deux frangins. Ou du moins, mettre une distance avec le public. Que du contraire. Les deux auteurs du phénomène  Black Beatles, B.O. du fameux #MannequinChallenge affichent une ardeur tumultueuse et surtout une générosité rafraîchissante. Manifestement heureux, ils croquent à pleines dents des ananas explosés sur le sol, balancent du champagne dans la foule, se filment avec les iPhone du public, courent dans la fosse suivis par un garde du corps à bout de souffle,… Bref, ils font le show et déroulent l’artillerie lourde, sans trop se préoccuper de tenir les paroles de leurs titres. Une formule détonante.

Sean Paul dégaine les tubes

C’est ce qui s’appelle un come-back réussi. A la seule évocation de son nom, l’ambiance est déjà à la fête. Faut dire que le Jamaïcain possède une quantité de tubes assez impressionnante dans son répertoire. Temperature, Rockabye, Got 2 Love U, Baby Boy, Get Busy,… Le roi des featurings est un appel du pied aux corps chaloupés. D’accord, à 44 ans, il a un peu perdu de sa superbe dans son tee-shirt léopard et surtout de sa voix si caractéristique. Mais qu’importe, grâce aux danseuses déjantées (difficile de comprendre comme elles tiennent ce marathon d’une heure et demi sans faillir) et à la force des titres phares de Sean Paul, la sauce prend, le public déplacé à perte de vue en redemande. Une jolie claque pour finir la soirée en beauté.

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