La famille Ickx fait ses courses

Le pilote belge et ses cinq enfants participent ce week-end à la VW Fun Cup, à Spa-Francorchamps. Mais c’est sans doute sa fille Vanina, ancienne pro elle aussi, qui roulera en tête.

Jacky et Vanina, 22 participations aux 24 Heures du Mans à eux deux. ©Photonews

Avec ses Coccinelles toutes rigoureusement identiques donnant les mêmes chances à chacun, la VW Fun Cup est la plus longue, et la plus amusante, des épreuves d’endurance au monde. À l’occasion du vingtième anniversaire de la course, s’aligneront sur la grille de départ de Spa-Francorchamps “Monsieur Le Mans”, 25  en personne et ses cinq enfants. Le chef de famille était trop éloigné de notre pays pour nous accorder une interview en bonne et due forme. 

Mais il a néanmoins pu nous confirmer son enthousiasme à l’idée de participer à cette Fun Cup, dont l’esprit lui rappelle celle du Dakar. “Parce que cette course fait rêver, et pas que la jeunesse, comme aux débuts du Paris-Dakar. Cela fait vingt ans que je voulais essayer cette discipline.” Quant à l’idée de s’aligner en compagnie de ses enfants, “cela faisait plusieurs années qu’elle me   trottait en tête. Je ne voulais pas laisser passer cette opportunité. Cela restera une expérience unique pour eux… Et tout cela ne pouvait se concrétiser qu’en VW Fun Cup”. Mais au fond, qu’en pense sa digne et charmante héritière ? 

Vous avez quitté le sport automobile après une septième participation au Mans en 2011. Cette participation à la VW Fun cache-t-elle une discrète envie de retour ? 

VANINA ICKX – Pas du tout. Cette course est l’occasion unique et privilégiée de partager ainsi que de transmettre un petit morceau de notre passion commune, papa et moi, à mes frères et sœurs. Je me rappelle y avoir participé en 2011 et m’y être beaucoup beaucoup amusée. Ces Coccinelles toutes identiques de 200 CV se conduisent comme des karts et permettent à tout le monde (ou presque) de prendre du plaisir sur la piste. Et sans prendre de risques. Pour autant qu’on aime ça bien entendu! C’est la formule idéale pour l’aventure familiale que nous avons envie de vivre ce week-end, grâce à Marc Van Dalen, un ami, un préparateur pour lequel j’ai roulé, qui est le promoteur de la VW Fun Cup.

Des observateurs ont prétendu que vous avez voulu prendre vos distances avec un milieu réputé très macho… 

Je me demande bien qui sont ces observateurs!…. J’ai raccroché car le moment était choisi. Le timing était bon. J’estime avoir fait ce que je pouvais faire de mieux dans ce domaine. Avec les échecs et les réussites que j’ai connus. Bien sûr, on peut toujours faire mieux! J’ai loupé quelques chances et mis à mal quelques opportunités. Mais l’un dans l’autre, je n’aurais jamais cru un jour me retrouver sur une grille de départ. Je n’aurais jamais rêvé participer aux 24 Heures du Mans, même une seule fois, au volant d’une voiture prototype de surcroît. Et encore moins en vivre. J’ai vécu quinze années “cadeau”!

Évoluer aux côtés de votre père comme vous l’avez déjà fait en 2000 dans une édition du Paris-Dakar ou aux 24 Heures de Spa en 1998, c’est s’exposer à la crainte de décevoir le monument de la compétition qu’il incarne ? 

Non, quelle question! Je n’ai pas “dû” évoluer aux côtés de mon père, comme vous dites. Il m’a invitée à partager son habitacle. Il m’a invitée à partager sa voiture. Il m’a fait confiance. Lui, mieux que personne, connaissait les risques du métier. Je n’ai jamais roulé dans la crainte de quoi que ce soit.   La première personne qu’on déçoit quand on ne performe pas, c’est soi-même.

Vous êtes la seule des cinq enfants Ickx à avoir hérité du talent de pilote de votre père. Question d’hérédité? Ou leurs centres d’intérêt se situent tout simplement ailleurs ? 

Mes frères se débrouillent très bien. La seule différence avec moi est qu’ils n’ont pas connu papa au volant. Ils sont peut-être “tombés un peu trop loin de l’arbre”… Mes frères et sœurs ont tous effectivement des centres d’intérêt différents et des personnalités très marquées. Larissa est artiste peintre. Romain a étudié le marketing et est très attiré par le sport et la nature. Clément termine une haute école commerciale puis va partir travailler au Japon. Joy va étudier la photographie à Londres. Chacun excelle dans son domaine. Cela donne des dîners de famille très animés!

Vous êtes une femme mariée et la maman comblée d’un petit garçon de quatre ans. Cela modifie l’approche d’une femme pilote face à la pratique de la course automobile ? 

Je l’ignore. J’ai arrêté la compétition avant de rencontrer mon mari. Maintenant que je me penche à nouveau sur la question pour cette fameuse aventure, il est vrai qu’avec une famille, la préparation à une épreuve exige une très bonne organisation. Quant aux chronos, je vous répondrai après les 25 H…

Qui de Larissa, Romain, Clément et Joy s’approchera le plus de vos propres chronos sur le délicat tracé spadois ? 

La question serait plutôt: vais-je pouvoir me rapprocher de leurs chronos?

Vous êtes née alors que votre père détenait déjà deux titres de vice-champion du monde de Formule 1 et deux victoires au Mans. Avez-vous rapidement compris que vous étiez la cadette d’un immense pilote automobile ? 

Pas réellement. Ce n’est que bien plus tard, lorsque j’ai mis mes pas dans les siens, à 21 ans, que j’ai mesuré l’ampleur des exploits de papa. Les gens que j’ai croisés sur les mêmes circuits que lui trente ans plus tard m’ont raconté les anecdotes de ses victoires, son panache et sa combativité. 

Quelles qualités essentielles et indiscutables appréciez-vous le plus chez votre père ? 

Papa ne supporte pas l’injustice. Il défend toujours les plus faibles. Il a un sacré panache et un sens de l’humour bien à lui. Il m’a bien fait rire sur le Paris-Dakar que nous avons couru ensemble !

Vous prenez le pari de le devancer lors des essais qualificatifs ? 

Tout de même! Il a passé 70 ans…

25 HEURES VW FUN CUP, les 8 et 9/7. Spa-Francorchamps. www.vwfuncup.eu

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