Ardentes 2017: Booba fait le show

Le rap a été mis à toutes les sauces jeudi soir en bord de Meuse avec l'enfant terrible du hip-hop français Booba, mais aussi Gucci Mane et Young Thug. Compte-rendu et galerie photos.

booba copyright Mathieu Golinvaux

Sur le papier, quand on nous annonce une soirée hip-hop composée de deux pointures d’Atlanta et d’un rappeur du 92 ici entre les terrils liégeois, on imagine difficilement comment la sauce, la sauce pourrait ne pas prendre. Une sorte de super-menu giant avec en apothéose Le Duc, qui n’a pourtant pas l’habitude des festivals. Et on ne s’est plutôt pas trompé sur les prédictions. Bravant les risques d’orages, qui préféreront finalement passer leur chemin en soirée, la plaine sacrée des Ardentes s’est transformée en véritable terrain d’expérimentation hip-hop. 

En ouverture de bal de cette soirée un peu particulière et massivement suivie, Young Thug, sa désinvolture, son micro à paillettes et ses fans déjantés qui entament un mosh pit plus ou moins dès son arrivée. L’accueil est chaud, la réponse du jeune voyou qui s’affiche loin des clichés conservateurs du rap game l’est un peu moins moins. Quasiment pas de retard ou presque pour celui qui avait décidé d’annuler sa venue à la dernière minute à l’édition 2016 du festival. Un live qui manque de passion, comme souvent c’est le cas lorsque les cadors d’Atlanta quittent le sol américain pour dérouler leurs répertoires. Et il y a de quoi faire. Foncedé, loufoque, fantasque mais génial, Young Thug et ses titres installent l’ambiance d’une soirée qui s’annonce bouillante.

Gucci Mane blasé

 Suivi par Gucci Mane, patron des patrons made in A.T.L., qui pointe le bout de ses tatouages sur la grande scène au bout de 20 minutes de chauffe du public par un backeur assez exceptionnel, il faut le dire, ce jeudi soir pourrait s’enflammer. Mais Radric Davis de son vrai nom n’est pas spécialement de cet avis là. Il performe d’une voix monocorde, blasé comme jamais.

Booba et Boulbi

Viens finalement le tour de B2O, porté par des dizaines de disciples habillés aux couleurs d’Unkut, sa marque de vêtements. Et tous les autres. Rarement un jeudi aux Ardentes aura semblé aussi compact. Débarqué avec Boulbi, sa chorale géante et son refrain effréné « Bordel, quand on rentre sur la piste », l’ancien enfant chéri de Lunatic embrase la foule. Veste Gucci, t-shirt Gucci, jeans Gucci, caleçon Gucci, Booba a réussi, il le montre, il le clame sans que jamais son expression tressaute. Impassible derrière sa casquette Unkut, Le Duc enchaîne les titres comme Caramel, Kalash ou DKR en final, balance quelques classiques pour ceux qui « le suivent depuis le début » et se montre un peu plus loquace entre les morceaux qu’à l’habitude, porté par tous ses potes qui squattent la scène comme si c’était leur salon et un public acquis d’avance. Très pro.

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