Wonder Woman: quelle est la meilleure version ?

Cinéma et télévision ne cessent de s’inspirer mutuellement. Lequel s’en sort le mieux ? Les adaptations parviennent-elles à faire oublier les originaux ? 

Wonder Woman ©Belga Image

Quand le dieu de la guerre frappe aux portes, Wonder Woman repart au combat. Concurrent des studios Marvel, DC Comics cherchait à renouveler son univers cinématographique un peu essoufflé entre Batman et Superman. C’est chose faite avec cette première vraie adaptation ciné de Wonder Woman, personnage héroïque créé en 1941 par un psychologue féministe de Harvard lorsque l’Amérique entre en guerre. Les figures comics prenaient alors une tournure patriotique dont le film se distancie. Wonder Woman a laissé tomber le mini-short à étoiles aux couleurs de l’Amérique, et malgré les remous géopolitiques provoqués par la nationalité de l’actrice principale (Gal Gadot est Israélienne, elle a effectué son service militaire obligatoire dans l’armée et le film a été interdit dans plusieurs pays du monde arabe), la super-héroïne incarne plutôt ici une force combattante mythique qui tend à la paix universelle.

La réalisatrice Patty Jenkins (qui avait transformé Charlize Theron en serial killeuse dans Monster) plonge la princesse amazone dans la Première Guerre mondiale, après un prologue paradisiaque sur ses origines mythiques (façonnée dans la glaise par une Amazone, Zeus lui a ensuite donné la vie). Adulte, Diana sauve en mer un pilote américain échoué (Chris Pine) et part avec lui combattre le dieu de la guerre Arès – qui prend ici l’aspect du vrai général allemand Ludendorff (Danny Huston) épaulé par le Dr Poison (Elena Anaya), sur le point d’inventer le très meurtrier gaz moutarde. 

Le film croise habilement l’histoire réelle avec l’univers fictif des comics, retraçant le parcours spontané de Diana investissant les assemblées interdites aux femmes à l’heure des suffragettes, rappelant en passant aux hommes que le plaisir féminin ne dépend pas d’eux, enfonçant magistralement le no man’s land avec son lasso magique et ses poignets pare-balles, nous gratifiant de pirouettes au ralenti jusqu’au repaire d’Arès. Wonder Woman semblait avoir tout à prouver depuis les gesticulations pin-up de Lynda Carter dans la série télé seventies. L’actrice Gal Gadot s’en acquitte avec une force naturellement ancrée. L’armure toujours près du corps (mais jamais filmée gratuitement), la super-héroïne s’apprête à enfoncer très tranquillement le box-office mondial. Un film post-féministe et étincelant qui se démarque de la série vintage.

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