Rock Werchter: Benjamin Clementine le gourou mélancolique

Eblouissant et sans complexe, l'artiste a mis Rock Werchter dans sa poche avec un show classieux et habité. Moustique publiera une interview exclusive en septembre à l'occasion de la sortie de son deuxième album.

benjamin copyright Mathieu Golinvaux

Petites oreilles et grands yeux noirs, bandana enroulé autour d’une coupe afro plantureuse, Benjamin Clementine monte sur la scène du KluB C ce .dimanche, drapé d’une combinaison ourlée de dentelles. Imposant, charismatique, l’homme qui s’est révélé en chantant pour survivre dans les rues de Paris est aujourd’hui une personnalité respectée et demandée. Dernièrement, c’est Damon Albarn qui l’invitait à pousser la voix sur Hallelujah Money, premier single issu du dernier album de Gorillaz

 
Réfugiés et voluptés

Sur la scène de Rock Werchter, Benjamin Clementine n’est pas seul. Loin des prestations piano-solo des débuts, sa performance mise aujourd’hui sur le collectif. Musiciens et chœurs féminins apportent ainsi un supplément d’âme aux nouveaux morceaux. Attendu pour l’automne, l’album I Tell a Fly est mis à l’honneur en ce milieu d’après-midi. By Ports of Europe, God Save The Jungle ou le sublime Phantom of Aleppoville témoignent d’une volonté de lier musique et actualité dans des mélodies de toute beauté. Guerres et crises humanitaires hantent l’esprit de Benjamin Clementine, chamane moderne à la voix gorgée de soul. Envoûtant, passionnant, le chanteur aux faux airs de Jean-Michel Basquiat donne son cœur au public au gré de ses lubies, de ses visons, de ses envies. Le single Condolence est repris en chœur par la foule dans une version démentielle de près de dix minutes. En clôture, l’artiste offre une deuxième version de Phantom of Alepoville. C’est juste sublime. Benjamin Clementine sera de retour au Cirque Royal, à Bruxelles le 25 novembre prochain. Vu le concert livré ce dimanche sur la plaine de Werchter, le rendez-vous s’annonce incontournable.   

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