Rock Werchter: la claque de Prophets Of Rage

La formation américaine emmenée par un Tom Morello au sommet  a offert une prestation en forme de plaidoyer anti-Trump lors de la première journée du festival. Compte-rendu et galerie photos de ces premières heures passées dans la prairie du Brabant flamand avant la prestation de Arcade Fire. 

ProphetsOfRagecopyrightMathieu Golinvaux

Voir  des membres de Rage Against The Machine, Public Enemy et Cypress Hill, soit trois des groupes les plus influents des années 90,  réunis sur une même scène, c’est déjà un spectacle inédit. Mais les entendre pendant septante-cinq minutes réinventer les flamboyants brûlots de leur répertoire respectif, c’est le genre d’émotion rare qui provoque des frissons des pieds à la tête.  Formé en pleine campagne présidentielle américaine en 2016, Prophets Of Rage (titre d’une chanson du deuxième album de Public Enemy,  It Takes a Nation To Hold Us Back paru en 1988) se produisait ce jeudi  Rock Werchter à l’heure du goûter. Et franchement, on se demande quelle formation sera capable de provoquer de telles scènes d’énergie d’ici la clôture du festival.  C’est que Prophets Of Rage est bien plus qu’un groupe de « vieilles gloires ». « Nous ne nous sommes pas retrouvés au sein de cette formation uniquement par amour de la musique », explique Tom Morello, guitariste et membre fondateur de Rage Against The Machine. « Nous pensons aussi que la musique est un outil, voir une arme, pour changer les choses. »

Fuck Trump

Sur le dos de sa guitare, Morello a scotché le slogan « Fuck Trump » qui, lorsqu’il est dévoilé en milieu de set, déclenche la levée de 80.000 doigts majeurs dans la plaine de Werchter. Prophets Of Rage ne fait pas dans la dentelle. Les membres de ces trois formations emblématiques connues pour leur engagement envoient la purée dès Testify. Ils ne jouent que des tubes. Que du lourd, du  plombé, que du conscientisé. Au hasard, on citera Bombtrack (de Rage Against The Machine), Fight The Power (Public Enemy), Insane In The Brane (Cypress Hill), mais aussi le Jump Around de House Of Pain qui met tout le monde d’accord, sans oublier un vibrant hommage à Chris Cornell, chanteur de Soundgarden disparu le 18 mai dernier). Dans le pit, des jeunes dansent le pogo, des filles s’embrassent, des quadras ont à nouveau envie d’être jeunes. C’est la fête, c’est le bordel, c’est le mariage du rock dur et du hip-hop!. Le soleil perce entre les nuages et c’est tout simplement beau.

La chanson la plus dangereuse

Après avoir enchaîné Know Your Enemy, Bullet In The Head, How I Could Just Kill a Man et Bulls On Parade (excusez du peu), B-Real et Chuck D annoncent la fin du concert avec « la chanson la plus dangereuse qui ait jamais été écrite ». Cette chanson, c’est bien sûr Killing In The Name Of de Rage Against The Machine rerise à l’unisson par le public. Le refrain refrain dit ceci : « Fuck You, je ne ferai pas ce que tu me demandes de faire. » La révolution était en marche ce jeudi à Rock Werchter.

 

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