Cédric Klapisch: « Ce film est surtout une métaphore de la vie »

Au centre d’une rétro à la Cinematek, il revient avec Ce qui nous lie sur l’amour du vin et de la fratrie. Rencontre et bonus avec l’avis de notre œnologue Éric Boschman et sa sélection de Bourgogne, décor du film. 

Cédric Klapisch ©Fabio Mazzarella/Sintesi

Depuis le succès du Péril jeune il y a plus de vingt ans, Cédric Klapisch a pris de la bouteille, mais son amour du septième art reste intact, la preuve par Ce qui nous lie, film vinicole et familial à décantation lente sur le temps qui passe et qui nous rend (parfois) meilleurs. On pourra lui reprocher ses bons sentiments et son goût du vivre ensemble, le cinéaste de 56 ans reste une référence en matière de cinéma populaire et humaniste, cernant habilement les émois d’une génération (la sienne et celle qui suit) à l’aide de chroniques sociales bien vues – notamment sa trilogie des années 2000 L’auberge espagnole, Les poupées russes, Casse-tête chinois. 

Parfois sous-estimé par la critique, Klapisch a toujours eu du nez pour flairer l’air du temps. En témoigne le succès jubilatoire de la série Dix pour cent qu’il a supervisée entre les (quatre) tournages de Ce qui nous lie, au rythme des saisons et du climat de Bourgogne. “J’ai voulu montrer que les temps de la nature et les temps humains ne sont pas forcément les mêmes. À part dans les films coréens, on voit rarement la nature au cinéma”, plaisante-t-il. On a parlé de tout ça autour d’un verre (d’eau) à Bruxelles, on vous raconte.

Depuis combien de temps mature chez vous l’envie de réaliser un film sur le vin ?

CÉDRIC KLAPISCH – Au moins dix ans. Même si quand je fais un film, je découvre souvent bien après pourquoi je l’ai fait. D’une part, les paysages de vignes m’ont toujours touché. La vigne, c’est le contraire d’une forêt vierge, c’est géométrisé et maîtrisé par l’homme. La vigne est plus du côté de l’humain que de la nature. Je voulais traiter ça visuellement. À partir de là, je savais aussi que le film allait parler de mon père. Le goût du vin me vient de lui. Mon père ne boit que du bourgogne, il m’a initié aux dégustations de vins dans les caves. Le goût du vin, c’est une culture. Quand on aime la littérature, on lit des livres, quand on aime le vin, on le goûte; dans goûter et lire je vois un vrai parallèle. Et puis c’était le bon moment pour parler de mon père, je l’avais déjà fait, mais plus maladroitement dans mon film Peut-être avec Belmondo. Ce qui nous lie est un faux film sur le vin. C’est surtout une métaphore de la vie, du temps qui passe, des liens familiaux, de tout ce qui nous fédère, de manière très diffuse.

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RÉTROSPECTIVE KLAPISCH, jusqu’au 29/7. cinematek.be.

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