Matthieu Chedid: « le terme world music c’est du passé »

Expos, livres, musique... L’Afrique est dans l’air du temps.  Sur le projet “Lamomali”, qu’il présente avec ses amis maliens à Couleur Café ce 30 juin, Chedid fait le griot.

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Il n’y a pas plus beau symbole. La présence en tête d’affiche du projet “Lamomali” à Couleur Café traduit à elle seule la volonté du festival bruxellois d’amorcer un retour aux “fondamentaux” tout en regardant devant soi. Lamomali, c’est donc Matthieu Chedid, multi-instrumentiste d’origine libano-égyptienne qui s’associe le temps d’un disque et d’une tournée à la légende malienne Toumani Diabaté. Matthieu a invité son papa, Louis Chedid. Toumani est venu à la fête avec son fils rappeur Sidiki et avec la diva Fatoumata Diawara, révélée dans le film Timbuktu. “Une expérience spirituelle pour que naisse un monde universel” résume “M” le Malien.

Enregistré entre Bamako et Paris, l’album “Lamomali” respire la vie. Il y est question de fête, de racines, de futur  et d’échange. La sagesse des anciens s’y marie avec les rêves, teintés d’utopie, de la nouvelle génération. La kora, mélange hybride de harpe et de luth, comptant 21 cordes, y règne en maîtresse absolue. “Lamomali”, ce n’est pas de la chanson française, ce n’est plus de la world music, mais ça fait un bien fou. “Cet album, c’est comme une bouteille que tu jettes à la mer, précise Matthieu Chedid. Tu espères que ça va aller loin et que les gens vont être curieux pour voir ce qu’il y a à l’intérieur. Ce projet est dans l’air du temps, il colle parfaitement à son époque. En musique, en cuisine, au cinéma, dans les festivals, dans la vie de tous les jours, tout est question de  partage et de mélange. Surtout chez les jeunes qui sont de moins en moins attachés à des étiquettes et des styles. C’est une bonne chose.”

Depuis quand rêviez-vous de cet album?

MATTHIEU CHEDID – Il n’y a rien de prémédité dans ce projet. La décision d’enregistrer avec tous ces musiciens africains n’est pas passée par le cerveau mais par le cœur. “Lamomali”, c’est l’histoire d’une amitié avec Toumani Diabaté. On se connaît depuis dix ans. À force de jouer ensemble, l’idée d’un album collectif s’est concrétisée.

Comment est née votre passion pour le Mali?

Voici vingt ans, je me suis lié avec des musiciens maliens à Paris. La musique malienne a très vite percé en France, notamment avec le duo Amadou et Mariam ainsi qu’avec Toumani Diabaté qui m’a introduit au monde des griots et de la kora. La musique malienne fonctionne sur la gamme du blues pentatonique et comme je suis un grand fan de blues, la connexion est évidente. Lors de mon premier voyage au Mali, un musicien local m’a mis une guitare dans les mains alors que je me trouvais dans un bar. Ne sachant comment réagir, j’ai improvisé un truc de Jimi Hendrix et tout le monde a voulu me payer à boire. C’est le blues qui nous a réunis.

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Le 30/06 à Couleur Café, Bruxelles.

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