Roger Waters : « Pink Floyd est devenu une marque »

Alors qu’une expo célèbre le 50e anniversaire de son ancien groupe, le bassiste de 73 ans sort un nouvel album solo et repart en tournée pour dénoncer la folie de nos dirigeants. Rencontre à New York avec un artiste très remonté.

Roger Waters ©SeanEvans

A 73 ans, Roger Waters ne veut toujours pas la fermer. Plaidoyer pour la tolérance et le pouvoir citoyen,  Is This The Life We Really Want? qui sort ce 2 juin est son premier disque solo depuis Amused To Death paru en 1992. Baptisée Us And Them (“Nous et eux”), du nom d’une chanson de l’album The Dark Side Of The Moon de son groupe Pink Floyd qu’il a quitté en 1985, sa nouvelle tournée démarre ce 26 mai à Kansas City. Avant d’atteindre l’Europe en 2018, Waters aura posé ses écrants géants LED et ses enceintes en quadriphonie dans pas moins de 50 méga-salles américaines. Avec, comme clou du show, l’envol au-dessus du public d’un cochon géant barré du logo “Trump est un porc”.

Ce coup de gueule inspiré de la chanson Pigs (Three Different Ones) de l’album Animals ne lui vaut pas que des amis. Pas plus que ses prises de position au sujet du conflit israélo-palestinien. Le jour de notre rencontre à New York, Roger Waters avait encore posé son nom sur une pétition exhortant Radiohead à annuler un concert prévu (et toujours maintenu) à Tel-Aviv afin de dénoncer la politique d’Israël dans les territoires occupés. S’il peut se montrer irrascible lorsqu’on évoque ces questions, Roger Waters a aussi des mots particulièrement aigris à l’égard de ses anciens collègues de Pink Floyd, même s’il a collaboré avec eux pour l’exposition de Londres marquant le 50e anniversaire d’une des formations rock les plus influentes de l’histoire. Ce mardi 25 avril, il tombe des cordes sur la Grande Pomme. Mais nous avons de la chance. Roger Waters est  de bonne humeur. Il nous attend au 26e étage d’un gratte-ciel avec vue sur Madison Park, dans un studio d’enregistrement/loft. Une des assistantes s’affaire autour de lui. Roger Waters nous salue, nous demande cinq minutes de patience, s’installe derrière un piano et improvise un instrumental. Rien que pour nos oreilles! En fin de  rencontre, c’est lui-même qui nous proposera de faire un selfie en souvenir d’une “very interesting interview”. C’est lui qui l’a dit…

Pink Floyd fête son 50e anniversaire. À quoi pensiez-vous en enregistrant votre premier album The Piper At The Gates Of Dawn?

Nous occupions le studio 3 d’Abbey Road, à Londres. Les studios 1 et 2 étaient réservés aux Beatles qui enregistraient Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. On entendait le sitar de George Harrison, l’orchestre symphonique qu’ils utilisaient sur A Day In The Life, on voyait Mc-Cartney désaccorder volontairement sa basse pour trouver des nouveaux sons ou Lennon lire le journal du matin pour trouver l’inspiration d’une chanson. Des trucs de dingue pour l’époque… Nous pensions: “Les Beatles font la révolution dans la pièce d’à côté. Ils changent le cours de l’histoire de la pop et nous en sommes les témoins”. C’était comme si les Beatles nous donnaient la permission d’être libres, de faire la musique qu’on voulait. Ça nous a donné des ailes.

Cinquante ans plus tard, c’est cet esprit de liberté qui vous motive encore à faire des disques?

Pour être honnête,  je dois ajouter qu’on pensait aussi à l’époque qu’enregistrer un disque allait nous aider à nous envoyer en l’air. Hormis ce point, mes motivations n’ont pas changé,  même si je sais bien qu’un album rock n’intéresse pratiquement plus personne aujourd’hui. Mais j’aime encore ça. Ça m’a coûté beaucoup d’argent d’enregistrer Is This The Life We Really Want?, mais je peux me le permettre.

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