L’élégance de Roger Moore

Ivanhoé, Simon Templar, Bret Sinclair, James Bond. Il nous en a mis plein la vue et nous a appris à nous habiller. Il avait 89 ans. 

Roger Moore

Le premier souvenir qu’on a de lui, c’est son élégance. Roger Moore était une leçon de style. En l’observant, il y avait beaucoup à retirer. Beaucoup à apprendre sur le port du costume coupé sur mesure et le maintien à l’anglaise (il est né près de Londres en 1927). Si on excepte la dimension carnavalesque d’Ivanhoé, premier feuilleton télé où il évolue en cotte de mailles (en 1958, tout de même), le reste du dressing de Roger Moore est exemplaire. 

Simon Templar dans Le saint? Une silhouette parfaite. Celle d’un jeune homme qui aborde les années 60 avec aisance et assurance – le tout emballé dans un sourire dont une seule moitié suffisait à faire fondre les fans. Modèle pour l’académie du style, Templar, canaille et justicier, pouvait faire des miracles sur écran, surtout lorsqu’il sortait un smoking blanc. A tomber. Bret Sinclair dans Amicalement vôtre? Un surdoué de la garde-robe. Entre classicisme costard et sportswear naissant (nous sommes en 1972), Roger Moore donne tout, vampirisant le vêtement qui devient le miroir de son jeu – cool et précis. Avec son compère Danny Wilde – le formidable Tony Curtis qui campe la face « american boy » du duo – Moore impose un esprit qui s’inscrit indéniablement dans l’histoire du goût. 

L’affaire Amicalement vôtre (énorme succès télé, à la limite du phénomène) mène l’acteur droit vers l’autel suprême de l’élégance à l’écran: James Bond. L’héritage laissé par Sean Connery est tout sauf facile à porter, mais le grand British (46 ans au premier 007) relève le gant et fait des ravages. De Live And Let Die à A View To A Kill, en passant par The Man with the Golden Gun, The Spy who Loved me, Moonraker, For Your Eyes Only et Octopussy. A sa mise éblouissante – dans laquelle une génération de garçons à fait ses classes – il faut ajouter un humour au-dessus de tout et un flegme qui ne l’a pourtant jamais éloigné de certaines réalités. Ambassadeur de l’UNICEF pour les droits de l’enfance, il prenait ce combat très au sérieux. Mort à l’âge de 89 ans des suites d’un cancer, Roger Moore incarnait une classe et une race d’acteurs qui disparaîtront avec l’arrivée des Stallone et Schwarzenegger. Une autre forme d’élégance… 

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