Max Cooper met les Nuits en boîte

Samedi soir, la fièvre électronique est montée d’un cran aux Nuits Botanique. Entre découvertes, sensation et confirmation internationale, performance audiovisuelle et expérience sensorielle, la programmation a mis en avant les grands noms de demain. De Haring à The Comet is Coming, sans oublier l’épatant Max Cooper.

maxcooper

Il est à peine 20h00 ce samedi 13, aux abords de la Rue Royale et, déjà, ça bastonne sec dans l’intimité du Grand Salon. Disquaire dans le magasin situé juste en face du Botanique, Antoine Pasqualini se métamorphose en Monolithe Noir pour servir une techno industrielle, sombre et hypnotique à souhait. Comme un savant fou dans son laboratoire, le Bruxellois à lunettes expose sa science du beat en bidouillant dans une boîte remplie de câbles et d’électrodes. Tranquille derrière ses machines, Monolithe Noir imprime en beauté le rythme d’une soirée dédiée aux substances électroniques. Dans l’Orangerie, un autre ambassadeur bruxellois met son cœur au service d’une musique mécanique. Entre house contemplative et trip percussif, Haring colporte mélancolie et envies d’ailleurs dans des compos taillées pour illuminer la nuit. En mouvement derrière son laptop, le mec suit ses intuitions solitaires et suscite une belle adhésion collective. Un artiste à suivre de près.

La déception Kelly Lee Owens

Sur l’affiche du jour, le nom de Kelly Lee Owens sentait bon la révélation. Au final, ce sera une petite déception. Même flanquée d’une robe à paillettes, la Londonienne ne scintille pas spécialement : présence fantomatique et prestation académique viennent torpiller les trésors de son premier album. Des titres qui, normalement, oscillent entre techno, dub mutant, pop et vapeurs trip-hop. Sur scène, l’Anglaise ne parvient jamais à transcender sa recette du bonheur. Dommage… Direction la Rotonde où The Comet is Coming détraque la boule à facettes avec l’art et la manière. Étrange fusion de jazz et d’electro, la musique du trio anglais flirte avec la légende de John Coltrane et le mythe de la rave party. Batterie, machines, synthé et saxophone font souffler un vent d’air frais sur la scène alternative. Incroyable réponse britannique à l’Amérique de Kamasi Washington, la proposition du saxophoniste Shabaka Hutchings (Sons of Kemet, The Heliocentrics) et de ses deux compagnons d’échappée invite le cuivre à secouer le dancefloor. C’est fort, puissant et, par instants, terriblement dansant. Face à une salle comble et comblée, The Comet is Coming fait sensation.

Pour danser autrement

Autre phénomène de la soirée, l’électronicien Max Cooper a pris position dans une Orangerie pleine à craquer. D’une précision chirurgicale, l’Anglais malaxe la matière synthétique pour charpenter de grosses montées extatiques. C’est que le producteur connaît ses classiques : techno, ambient, shoegaze, house ou drum and bass bouillonnent dans sa marmite électronique. Aujourd’hui, aux Nuits Bota, Max Cooper abandonne définitivement son statut d’outsider pour passer dans la cour des grands, bien aidé par des projections vidéo hallucinantes. Parfaitement collées à la musique, les images répondent aux beats dans un va-et-vient de couleurs flashy. Énorme performance audiovisuelle, la prestation de Max Cooper chamboule les cœurs et renverse les corps. En transe, le public s’abandonne dans une fête totale : un instant magique. Pour voir et danser autrement. Excellent !

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