Julien Doré impérial à Forest National

L’artiste a offert un concert fusionnel et charnel ce vendredi à Bruxelles. Il nous reviendra aux Ardentes, à Ronquières et, en apothéose, le 23 novembre au Palais 12.

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Pour rappel, c’est dans le chalet de son enfance à Saint-Martin, dans les Alpes du Sud, à quelques heures de sa Camargue et de ses Cévennes natales, que Julien Doré a enregistré son quatrième album paru au début de l’automne dernier. Un disque intitulé « & », soit une esperluette autour de laquelle on peut rattacher les mots qu’on veut. « Homme & Femme », « Peace & Love », « Je & Vous ». Bref, autant de formules qui collent à la prestation époustouflantequ’il a offerte ce vendredi dans le chaudron de Forest National plein comme un œuf.

Généreux, touchant, émouvant, cabotin, romantique… Tous ces qualificatifs conviennent à Julien Doré qui fait désormais partie des tous grands de la chanson française. Tel un Jésus-Christ hippie version 2.1, Julien Doré débarque dans un nuage de fumée sur Porto-Vecchio qu’il enchaine avec Le Lac dans une ambiance de folie. Trois morceaux plus tard, pendant le très glamour Beyrouth Plage, il se laisse porter par les bras de la foule jusqu’au milieu de la salle. Il fait de l’aérobic en singlet noir sur Kiss Me Forever, joue au poor lonesome écorché vif sur Sublime & Silence et c’est sur sa petite moto et coiffé de son grand casque jaune qu’il nous quitte définitivement sur le final de Paris-Seychelles. C’est beau, c’est fort, c’est franc et surtout complètement différent de tout ce qui existe dans le genre.

Un mec qui ne triche pas

C’est que Julien Doré a trouvé le parfait équilibre. Il assume à 100% son côté variétés mais, comme chez ses modèles Bashung, Christophe et Daho, il avance aussi de solides influences anglo-saxonnes. Il propose désormais un décor, un light-show et un visuel impressionnant en parfaite cohérence avec ces notions du « Beau » et de la nature revendiquées sur son dernier album, mais n’oublie jamais de replonger dans quelques « tableaux » plus intimistes qui faisaient le bonheur de ses premières prestations live à l’Ancienne Belgique. Et si la machine est désormais bien huilée (la setlist ne diffère d’ailleurs guère d’un concert à l’autre), notre Bichon adoré réagit aussi à l’instant présent. Oui, c’est un mec qui ne triche pas et ne s’abrite pas sous une carapace. Ses émotions, il les laisse s’exprimer au naturel. Plusieurs fois, on l’a ainsi senti touché, voire même désarçonné par la réaction quasi hystérique du public. Un public qui est reparti la banane aux lèvres après deux heures d’un show intense ayant privilégie essentiellement le dernier album avec pas moins de dix morceaux. C’est tout à fait subjectif, mais Romy chanté en italien et sa version de On attendra l’hiver, titre exhumé de Love, ont été pour nous les sommets de cette soirée magique. On en frissonne encore. Tout ça promet pour le Palais 12.

Julien Doré le 9/7 aux Ardentes, Liège. Le 6/8 au Ronquières Festival, Ronquières. Le 23/11 au Palais 12 Bruxelles.

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