L’Orangerie sous le charme d’Isaac Delusion

On attendait le quintet parisien de pied ferme en ouverture des Nuits et il n'a pas déçu. En revanche, on n'avait pas vu venir la claque Las Aves.

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Trois ans qu’ils n’étaient plus venus en Belgique! À vrai dire on ne s’en rappelle pas forcément et eux non plus, mais si l’on en croit le chanteur d’Isaac Delusion c’était probablement très bien. Aussi osé que ça puisse paraître vu cette amnésie: c’était beaucoup mieux cette fois-ci. Parce que le groupe a évolué. Après deux EPs Early Morning et Midnight Sun qui avaient laissé entrevoir tout le potentiel des Franciliens, on attendait beaucoup du premier album. Trop vite marketé par la hype comme l’équivalent hexagonal d’Alt J, Isaac Delusion avait déçu avec son premier long format éponyme.

Entendons-nous bien, le disque n’est pas mauvais mais trop conforme à ce qu’on attendait d’un groupe dream pop: aérien mais sans surprise, maitrisé mais trop carré. Avec Rust & Gold sorti il y a un peu plus d’un mois, Isaac Delusion sort ses tripes et confirme les attentes qu’on a placées dans le groupe. Ça s’est ressenti sur la scène de l’Orangerie ce jeudi, soir d’ouverture du festival, où les cinq gaillards, placés en tête d’affiche, ont décliné cette nouvelle plaque encore plus efficace en live. Désormais accompagné d’un batteur – une des clés de l’évolution – Isaac Delusion offre une palette complète de saveurs et de sonorités. Dans un joyeux bordel, l’équipe prend plaisir à s’échanger les rôles et les instruments comme si chacun pouvait remplir tous les rôles. Au centre du jeu de quilles, la voix perchée si singulière de Loïc finit de poser l’ADN du groupe. On retiendra notamment le fabuleux Cajun déjà savoureux en version studio et The Sinner prochain single extrait de Rust & Gold. Le public presque au complet ne s’y est pas trompé et on espère ne pas devoir attendre à nouveau trois ans pour croiser la route de cet Isaac tout sauf décevant.

Las Aves: Objet musical non identifié

Las Aves nous a rappelé pourquoi on aime tant déambuler entre les scènes des Nuits. Tout de blanc vêtu pour mieux briller sous la darklight, le quatuor toulousain s’impose comme la première très bonne surprise du festival printanier. Emmené par une chanteuse en survet’ à la voix aigüe, Las Aves est une bombe à retardement qui finira par exploser aux yeux de tous avec la même violence qu’elle a fracassé les murs de l’Orangerie ce jeudi soir. Mix surprotéïné à base d’électro qui cogne et de rock qui tabasse, le groupe nous a perdu dans notre nomenclature avec ses relents Rn’B saupoudré de poses délicieusement hip-hop. C’est méchant mais loin d’être bête et riche mais pas prétentieux. Reste une question: WTF?

Info Nuits: Las Aves a annoncé sa présence le 13 août au Brussel Summer Festival

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