Blanche : « Il y a beaucoup de mystère dans City Lights »

Ellie Delvaux sera à la Rotonde le 27 avril dans le cadre des Nuits Botanique. 

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Elle a dix-sept ans. Elle vit dans une commune cosy de Bruxelles. Elle s’appelle Ellie Delvaux, mais tout le monde la connaît désormais sous le nom Blanche. L’année dernière, elle a participé à la 62e édition du Concours Eurovision de la chanson. Elle y a chanté City Lights, un titre composé par Pierre Dumoulin, leader du groupe rock liégeois Roscoe. Le texte, moderne dans le ton et le propos, a été écrit à quatre mains – et en anglais – par Blanche et Pierre. Ses atouts? Le timbre singulier de son interprète, la douce mélancolie entêtante qui ressort de la mélodie et une atmosphère en clair-obscur bien dans l’air du temps.

Pourquoi Blanche?

C’est mon troisième prénom. C’est plus singulier qu’Ellie. C’est beau à l’oreille et à l’écriture. C’est aussi très simple à retenir.

Comment êtes-vous arrivée à l’Eurovision?

Comme vous le savez, j’ai participé à la saison 5 de The Voice Belgium en 2016, où je suis allée jusqu’en quart de finale. Alors que j’avais repris mes études, j’ai été contactée par Pierre Dumoulin, chanteur et compositeur du groupe de rock liégeois Roscoe. Il avait craqué sur ma voix et pensait qu’elle pouvait se marier à l’univers mélancolique de sa musique. Nous avons travaillé sur des maquettes. Pierre a fait écouter quelques morceaux aux responsables du label indépendant bruxellois Play It Again Sam (PIAS) avec lequel il est sous contrat pour Roscoe. C’est PIAS qui a soumis City Lights au Comité de sélection de la RTBF. J’étais en pause lunch à mon école lorsque j’ai reçu un texto de Pierre qui me disait que City Lights avait été choisi pour représenter la Belgique à Kiev. Je ne m’y attendais pas du tout.

De quoi parle City Lights?

C’est une chanson d’amour dans laquelle la narratrice – on dira que c’est moi – est partagée entre espoir et doute. Avec Pierre, nous avons beaucoup joué dans le texte sur la thématique de la lumière et les contrastes. Le clip et la scénographie présentés à Kiev resteront cohérents avec l’atmosphère de la chanson. Il y a beaucoup de mystère dans City Lights, chacun peut l’interpréter à sa manière.

Quels seront vos objectifs à Kiev?

Mes objectifs dépassent Kiev. L’Eurovision est une superbe opportunité, mais je veux aller plus loin. Je travaille sur mon premier album avec Pierre. J’ai signé un contrat discographique avec PIAS et j’ai un agent pour la scène. Il s’agit d’Alexandre Pinchart, c’est lui qui fait également tourner Alice On The Roof, Mustii et Henri PFR. Vous voyez, je suis en de bonnes mains.

À partir de quelle place serez-vous satisfaite de votre parcours?

Tant que je ne décroche pas la  première place, je ne serai pas contente (rire). Mais pour ça, je dois d’abord passer le cap de la demi-finale. En fait, j’aimerais surtout que le public belge et international passe un bon moment et aime City Lights.

Vous regardez souvent l’Eurovision à la maison?

Je dois avouer que non. Mais je me rappelle avoir été particulièrement impressionnée par la prestation du candidat norvégien lors de l’édition qui s’est déroulée à Moscou en 2009. Il chantait et jouait en même temps du violon. Il ne tenait pas en place. Depuis que j’ai été sélectionnée, je me rends compte de l’énorme popularité de ce concours. Je reçois des demandes d’interviews de l’Europe entière, il y a plein de forums sur Internet qui décortiquent chaque chanson de la sélection et font leurs pronostics. C’est complètement dingue.

Votre vie a-t-elle changé depuis que vous avez appris votre sélection?

Je suis toujours à l’école et je continue à m’investir dans les mouvements de jeunesse, une activité qui me passionne. Pour le reste, tous mes week-ends et mes temps libres sont consacrés à la préparation. Depuis sa première maquette, la chanson a été retravaillée, on a dû tourner un clip, choisir les choristes, les vêtements. J’ai chanté pour la première fois City Lights en live en première partie du concert de Henri PFR à l’Ancienne Belgique. C’est à partir des vacances de Pâques que les choses se sont accélérées. Avant ça, quand on me parlait d’Eurovision, ça restait encore abstrait.

Petite, à quoi répondiez-vous quand on vous demandait : “ Plus tard, tu veux faire quoi ?”

Je crois avoir toujours répondu que je voulais devenir chanteuse. Mais je rajoutais aussi: “Ça doit être un boulot difficile”. C’est mon frère qui m’a initié au chant. Il a huit ans de plus que moi.

Quelle est votre artiste belge préférée? Sandra Kim?

Sandra Kim est une icône de l’Eurovision mais je n’étais pas née quand elle a gagné. J’écoute des trucs d’aujourd’hui. Côté belge, ma chanteuse préférée est Alice On The Roof. J’aime sa musique et la manière dont elle mène sa carrière. En un album, elle a réussi à imposer son univers qui ne ressemble à rien d’autre. Sur la scène internationale, je mets ex æquo le groupe anglais Alt-J et l’artiste australien Ry X. Pour le reste, je suis plus fan de chansons que  d’albums ou d’un artiste en particulier. Comme toutes les filles de mon âge, c’est sur YouTube que je découvre les nouveautés.

Quel est l’adjectif qui vous décrit le mieux?

Paradoxale.

Si Télé Pocket vous invite à dîner, que faut-il préparer?

Peu importe, du moment qu’il y en a beaucoup.

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