Frànçois & The Atlas Mountains, critique et engagé

Le groupe français explore la pop avec souplesse et sans complexe.

Frànçois & The Atlas Mountains ©Tom Joye

Depuis la sortie de l’album “Piano ombre”, en 2014, le meilleur espoir de la chanson française vit à deux jets d’eau du Manneken-Pis. “À  chaque fois que je venais jouer ici, je croisais des gens passionnés, toujours curieux, explique le leader de Frànçois & The Atlas Mountains. À mon arrivée, j’étais un peu paumé. Pour trouver mes marques, j’ai lu les BD de François Schuiten. Ça m’a aidé à comprendre l’architecture de la ville, son fonctionnement. À Bruxelles, je suis tombé sur une ouverture d’esprit qui manque cruellement à la France .” Déraciné, François Mary reste pourtant attaché à ses racines hexagonales, fort préoccupé par le mal social qui grignote son terroir comme le mildiou s’attaque à la vigne, bousillant les plus nobles cépages. “ Entre la campagne présidentielle, les tensions philosophiques et le déclin économique, mon pays sombre dans la sinistrose… ” 

J’ai parfois l’impression d’être incompatible avec la société. J’exprime cette sensation dans mes chansons.

Du coup, dans les chansons de “Solide mirage”, l’artiste aborde le présent de front, sans détours poétiques ni pirouettes métaphoriques. “ Avec ce disque, je suis davantage dans les intentions que dans la forme ”, reconnaît-il. Le morceau Apocalypse à Ypsos véhicule ainsi un message d’espoir, tout en condamnant une classe politique rongée par le populisme. “J’ai parfois l’impression d’être incompatible avec la société. J’exprime cette sensation dans mes chansons. En ce sens, ça me réconforte de rencontrer un écho positif auprès du public. Je me sens moins seul.”  Bien rancardé par Dominique A, le groupe de François s’est réfugié au Jet Studio de Koekelberg pour enregistrer les dix titres de “Solide mirage” en compagnie d’Ash Workman, producteur aperçu au bras de Christine & The Queens. Adoubé par Étienne Daho, François Mary confronte ici la chanson au reste du monde. Sauvage, la langue du Français se délie sur les sentiers d’Afrique de l’Ouest (Grand dérèglement), dans les recoins d’une pop épique (Âprès après) ou au sommet d’un rock frontal, ultra-énergique (Bête morcelée). Dans cet album, le chanteur fait aussi référence à l’année de sa naissance (1982). Ailleurs, la nostalgie de l’enfance affleure dans les couplets de Perpétuel été. “Je suis persuadé qu’une partie significative de notre personnalité s’efface dès la naissance. Nous sommes bridés par les logiques du capitalisme. Aujourd’hui, il paraît impossible de vivre sans une carte de banque. Voilà où nous en sommes.” Ça fait réfléchir et réagir. Car “Solide mirage” s’agite pour mieux remuer les consciences. La classe.

Le groupe sera en concert le 25 juin à la Fête de la Musique à Bruxelles et le 15 juillet au Dour Festival

Playlist des Nuits Bota ©Moustique

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