Un voyage pour démystifier le conflit israélo-palestinien

Des jeunes Bruxellois ont passé une semaine en Israël et en Palestine. Histoire de dépasser les clichés et montrer la réalité d'un conflit dont les répercussions sont constantes dans nos quartiers et nos écoles.

A Bethléem, un jeune Bruxellois "graffe" le mur séparant les territoires palestiniens d'Israël.

Il descendait l’escalier après un grand meeting pour la paix. Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées sur la place, persuadées ce soir-là que leur pays faisait route vers une ère nouvelle, loin des guerres et des menaces qui n’avaient cessé de peser sur lui depuis sa création. Acclamé par la foule, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin s’était laissé entraîner à chanter un hymne pacifiste sur la scène. Quelques minutes plus tard, il tombait sous les balles d’un étudiant d’extrême droite opposé au processus de paix avec les Palestiniens. Le Proche-Orient ne s’est jamais vraiment remis de cet assassinat. C’était le 4 novembre 1995, autant dire un autre siècle pour la quarantaine d’élèves bruxellois qui écoutent cette histoire à l’endroit exact où elle s’est déroulée. Âgés de 16 à 20 ans, aucun d’entre eux n’était né en ce jour où le rêve de paix s’est brisé sur l’autel de la violence. Tal, leur guide, va pourtant les mettre au défi d’interroger les passants. Ils ont vingt minutes pour récolter les témoignages des quelques riverains qui déambulent sur la place, et leur demander comment ils ont vécu personnellement cet événement qui a fait la une de l’actualité à l’époque. 

« Des stéréotypes très préoccupants »

Nous sommes à Tel-Aviv, capitale économique d’Israël, au cœur d’un pays qui enflamme les passions et suscite régulièrement la polémique jusqu’en Europe. Du 3 au 10 avril dernier, quarante-cinq élèves issus de trois établissements bruxellois se sont envolés pour cette destination peu ordinaire, en immersion dans ses réalités et ses complexités. Objectif du projet: démystifier un conflit qui cristallise les tensions chez nous et susciter la réflexion parmi les élèves, loin des images que renvoient les médias. “L’idée est née en 2014 pendant la guerre de Gaza” explique Simone Susskind, députée bruxelloise (PS) et initiatrice du projet “Israël-Palestine: pour mieux comprendre”. Pendant que la guerre faisait rage sur place, des manifestations très importantes avaient lieu à Bruxelles au cours desquelles des slogans “Mort aux Juifs” ont été criés à plusieurs reprises. En France, des synagogues ont été prises pour cibles par des manifestants. Les actes antisémites ont connu une hausse considérable partout en Europe, et plusieurs cas récents dans des écoles de la capitale ont suscité une grande inquiétude chez les parents de confession juive. ”L’importation du conflit israélo-palestinien chez nous génère des stéréotypes très préoccupants, poursuit Simone Susskind. On confond Juif et Israélien. On crée des amalgames et des figures simplistes alors que la réalité sur le terrain est infiniment plus complexe qu’on ne l’imagine.”

Qui sait en effet que 20 % des Israéliens ne sont pas Juifs, mais bien Arabes musulmans, druzes ou même chrétiens? Le quotidien d’un jeune Israélien de Tel-Aviv est-il si différent de celui d’un jeune Palestinien de Ramallah ?

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