Jane Birkin: « J’étais la face B de Serge »

La disparition de sa fille Kate et la maladie l’avaient poussée au silence.  Elle retrouve la voix et un nouveau souffle avec des versions symphoniques des plus belles chansons de Gainsbourg.

Jane Birkin ©Nico Bustos

Hongkong, Montréal, Varsovie, Londres, Lisbonne… Ce ne sont que quelques villes visitées par Jane Birkin pour présenter sur scène son nouveau projet musical. Sous la direction artistique du fidèle Philippe Lerichomme – déjà derrière les albums reggae de Gainsbourg -, Jane a enregistré une sélection des chansons de Serge avec un orchestre de soixante musiciens classiques. Dans la foulée du disque, sur lequel on trouve notamment des relectures de Requiem pour un con, Manon, Pull marine, La javanaise ou encore le moins connu Exercice en forme de Z, elle a donc décidé de repartir en tournée après un long silence. Ce 2 septembre, c’est dans le cadre prestigieux du parc du château de La Hulpe qu’elle offrira un récital unique accompagnée par l’orchestre philharmonique royal de Liège.

Pour la première fois depuis la disparition de votre fille Kate Barry, vous êtes remontée sur scène cet été aux Francofolies de Montréal. Qu’avez-vous ressenti le soir de la première ?

Jane Birkin – C’était atroce. J’avais répété sur place avec l’orchestre symphonique et tout s’annonçait pour le mieux. Mais le soir de la première, aucun son n’est sorti de ma bouche. J’étais tétanisée, j’étais malade (elle souffre de leucémie – NDLR),  j’avais une soif effrayante. J’ai passé tout le concert à essayer d’ouvrir des bouteilles d’eau d’une main en tenant tant bien que mal mon micro de l’autre. En sortant de scène, j’avais honte de moi et puis j’ai croisé Philippe Kopp qui est mon agent belge. Il m’a déclaré: “Jane, j’ai été ému pendant tout ton concert, je veux que tu viennes chanter en Belgique avec un symphonique”. Je devais ensuite donner un concert à Shanghai, mais les autorités chinoises m’ont refusé le visa parce que j’avais apporté mon soutien au dalaï-lama. Après ces deux mauvaises expériences, tout s’est bien passé.

Vous dites que le but de ce projet n’est pas de faire revivre Serge mais de vous faire vivre vous-même.

Quand j’ai perdu ma fille Kate en décembre 2013, c’est comme si j’avais perdu la vie en général. J’étais arrivée à une sorte d’arrêt. Je restais cloîtrée chez moi, je ne servais à personne, même pas à mes deux autres filles. Ce n’était pas une bonne réaction de ma part, car c’est dans le contact humain que je me sens le plus nécessaire. Finalement, j’ai été sauvée par mes amis. Michel Piccoli et Hervé Pierre m’ont proposé de faire avec eux des lectures de textes de Serge dans une tournée de petits théâtres. Ça m’a fait un bien fou. On a beaucoup rigolé. C’est suite à ces lectures que je me suis remise au travail.

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