Bob Dylan: « Ce n’est pas un voyage dans le passé que je propose »

Avant son concert à Anvers ce 24 avril, celui qui s’est enfin décidé à aller chercher son prix Nobel de littérature rend hommage au patrimoine musical américain sur un triple album. L’occasion d’évoquer son enfance,  sa rencontre avec John Wayne, son goût pour la culture populaire et  son admiration pour Frank Sinatra.

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Et si c’était ça être “protest singer” en 2017? Alors que chaque artiste américain y va depuis le mois de novembre 2016  de son couplet anti-Trump pour booster les ventes de son nouvel album, Bob Dylan publie Triplicate, collection anachonique de trente reprises de standards qui ont fait les beaux jours des casinos de Las Vegas et des bals de promo dans les années 60. Oui, celui qui écrit Times They Are A-Changin’, Masters Of War ou Blowin’ In The Wind continue à n’en faire qu’à sa tête et à prendre le contre-pied de tout ce qu’on pourrait attendre de lui. À bientôt 76 ans (il les fête ce 24 mai), Robert Allen Zimmerman partage son temps entre deux activités principales: jouer sur scène et enregistrer des disques. Triplicate est son 38e album studio et tous les morceaux qui y figurent datent d’avant la découverte du rock. Dylan donne encore une centaine de concerts par an dans le cadre de sa Never Ending Tour (“La tournée sans fin”) entamée en… 1988. Sur la scène du Lotto Arena d’Anvers, où il est attendu ce 24 avril, il reprendra ses tubes en jouant du piano, plus de la guitare. Pour le reste, l’homme vit reclus, ne connaît pas les réseaux sociaux et fuit les mondanités. Ce n’est qu’après de longues tractations qu’il a finalement accepté de recevoir le week-end dernier sa médaille pour son prix Nobel de littérature. De l’arrogance? Même pas sûr. Pour Triplicate, il a toutefois accordé une interview exclusive au journaliste américain Bill Flanagan, dont Moustique vous livre le contenu.

Pourquoi sortir en 2017 un triple album de reprises de standards américains?
 

BOB DYLAN – J’ai déjà enregistré deux disques de standards: “Shadows In The Night” en 2015 et “Fallen Angels” en 2016. Je me suis rendu compte qu’il y avait encore plein de chansons que je souhaitais reprendre. Il y a dix chansons par CD, soit 32 minutes de musique. C’est comme sur mes trente-trois tours dans les années 60. Quand j’ai enregistré mes premiers disques, j’avais toujours plus de chansons en stock, mais on me disait que le son était meilleur si je ne dépassais pas 16 minutes par face.

Vous souciez-vous de la réaction de vos fans par rapport à un tel projet?

Ces chansons ont été écrites à l’origine pour l’homme de la rue. Elles lui appartiennent toujours. Ça peut être vous, n’importe qui d’autre, que ce soient mes fans ou pas, je ne sais pas.

Dans les années soixante, ces chansons étaient partout et représentaient la culture populaire américaine. Elles ont quelque peu disparu aujourd’hui. Que signifient-elles pour vous?

Pour moi, elles sont plus importantes aujourd’hui que dans les années soixante. Quand un morceau est écrit pour le grand public, on ne se rend pas toujours compte de sa portée sur le moment même. Pour moi, c’est ça la musique. Ce sont des chansons qui sont directes, parlent de la vie quotidienne et touchent à des sentiments que tout le monde partage. On a perdu cette notion de mainstream aujourd’hui. Pour moi, ça me rappelle les débuts du rock and roll.

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