Ghost In The Shell, une adaptation réussie

Le réalisateur Rupert Sanders réussit son pari en transposant le célèbre manga à l'écran. Scarlett Johansson et Juliette Binoche (encore elle) y excellent dans des rôles à contre-emploi.

Ghost in the Sell ©Prod

Ce Ghost In The Shell version 2017, deuxième adaptation cinéma du manga culte de  Masamune Shirow, mêle scènes d’action démentes et images visionnaires d’un futur à la Blade Runner. Nous sommes donc dans les années 2050, sur une terre aux forts relents cyber-punk. Où l’homme et la machine ont fusionné à un point de non-retour. Tout le monde peut se connecter à   Internet en y branchant simplement son cerveau. Et alors que la frontière entre l’homme et la machine se brouille de plus en plus, la Section 9 est chargée de mener des opérations secrètes au nom du gouvernement. Via les bons offices du Major (Scarlett Johansson), agent d’élite de cette unité. Si son corps est celui d’un cyborg de combat amélioré, son cerveau et son esprit ne sont que ceux d’un simple mortel. Des œuvres du scalpel d’une cyber-chirurgienne campée par une flippante Juliette Binoche. “Outre son action pure et dure, ce film traite du voyage à la découverte de soi-même et de son identité, explique Johansson. Quelque part entre l’action pure et l’introspection de chaque instant. Je n’ai jamais vécu une telle expérience sur un plateau. C’était un vrai trip hallucinatoire.” 
Capté sans temps mort par Rupert Sanders, qui a déjà commis Blanche-Neige et le chasseur, remettant le conte au goût du jour avec un look dark-fantasy héroïque bien senti, Ghost In The Shell est en de bonnes mains. Aidé par l’énergie du directeur de la photographie Jess Hall (Hot Fuzz, Transcendence…) et les bonnes vibes du chef décorateur Jan Roelfs, qui officiait déjà sur le visionnaire Bienvenue à Gattaca. On tombe certes parfois dans une esthétique trop gaming, façon Deus Ex, pour être honnête. Tandis que la vitesse de quelques scènes d’action carrément épileptiques procure autant de sensations fortes que de migraines. Mais la majorité du récit est parfaitement bien balancée entre baston, pure S.F. et introspection. Tandis que le duo Binoche/Johansson fait des ravages dans tous les sens du terme. Bilan: après avoir cachetonné dans des sagas super-héroïques avec son personnage de Veuve noire, où elle ne voyait pas souvent plus loin que le bout de sa combinaison moulante, Dame Scarlett signe ici, enfin, un film d’action où le “Sois belle et tais-toi” a cédé la place au “Sois belle et casse tout”. Et on ne s’en plaint pas.

Ghost In The Shell. Réalisé par Rupert Sanders. Avec Scarlett Johansson, Juliette Binoche, Michael Pitt – 106’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité