Désorientale: de l’Iran à l’exil

Le prix La Première couronne Désorientale de Négar Djavadi que nous avions coté 4 étoiles en novembre dernier.

Désorientale ©Pierre Havrenne/RTBF

A Paris, dans un service de procréation assistée, Kimiâ, seule, une pipette à la main, a tout son temps pour méditer sur les Sadr, sa singulière famille de Téhéran. Pour “raconter des histoires qui telles des matriochkas ouvrent sur d’autres histoires.” Depuis son arrière-grand-père à la tête d’un andarouni (un harem) à ses oncles numérotés de 1 à 6, de ses parents en lutte contre le Shah puis contre Khomeiny jusqu’à son exil en France à 10 ans, c’est tout un pan – autant intime que politique  de ce pays que cette Shéhérazade ultra-contemporaine, volubile, captivante, nous donne à observer.

Au cœur du récit, les femmes, plurielles et déterminées – la narratrice, double amplifié de l’auteure, se révèle amoureuse d’Anna, une bassiste de rock – ne sont pas avares en subterfuges pour s’avancer sur le terrain de l’émancipation. Ce premier roman qui, entre épique et filiation, n’est pas sans rappeler Les enfants de minuits de Salman Rushdie, fait merveilleusement mouche.

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