Le nouveau monde enchanté de Walt Disney

Avec de vrais morceaux de vrais acteurs dedans, cette version de La Belle et la Bête poursuit l’exploitation en live-action des classiques Disney.

Dan Stevens et Emma Watson dans La Belle et la Bête. ©Disney

L’adaptation avec de vrais acteurs (et beaucoup d’effets spéciaux) des dessins animés patrimoniaux des studios Disney est devenue une véritable stratégie. Après Alice, Maléfique ou Cendrillon, remakes et préquels s’enchaînent. Mulan, Dumbo et Winnie l’Ourson sont dans les starting-blocks : depuis le printemps dernier Disney a annoncé près de dix longs-métrages live en préparation. Pourquoi une telle frénésie? Fédératrices, sans droits à racheter ni réel risque financier, ces productions sont un fameux gage de rassembler toute la famille. Le coup d’envoi est lancé en 2010 après le succès phénoménal de l’extravagante adaptation d’Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton (plus d’un milliard de dollars de recettes au box-office mondial pour 200 millions de budget initial). Les studios s’attellent ensuite à La Belle au bois dormant en déployant le personnage de la vilaine fée avec Angelina Jolie. Après le carton mérité de Maléfique, suivent un Cendrillon en demi-teinte et un Livre de la Jungle ultra-numérique revisité par Jon Favreau (Iron Man). L’adaptation des aventures de Mowgli rentre en moins de deux semaines dans son budget (175 millions de dollars). Disney n’a qu’à plonger dans son catalogue de classiques pour allonger la liste, sans toutefois se tromper sur l’artistique.

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La Belle et la Bête. Réalisé par Bill Condon. Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans – 134. Et en format IMAX uniquement au Kinépolis Bruxelles.


LA BELLE ET LA BÊTE Bande Annonce 3 VF (2017) par AuCine

La critique

Histoire éternelle ”, la trame de La Belle et la Bête est bien connue. Quelque part dans la France du XVIIIème siècle vit un prince égoïste. Un soir d’orage, alors qu’il repousse une vieille femme lors d’une fête, le Prince est métamorphosé en bête hideuse – sortilège dont seul l’amour pourra le délivrer. C’est alors que surgit Belle, villageoise férue de roses et de littérature dont le sacrifice  brisera le charme. Le film reprend quasi plan par plan la version animée de 1992 (dont Disney avait déjà effectué une ressortie sur écran géant en 2002), elle-même adaptée du conte classique dont une première version moderne paraissait en 1740 sous la plume de Mme de Villeneuve. 

Mis en scène comme un opéra-comique par Bill Condon (réalisateur des derniers Twilight), auquel s’ajoutent des clins d’œil visuels à Cocteau (mais sans la charge érotique de la Bête version Jean Marais) ou aux Musicals de l’âge d’or (Emma Watson a des allures de la Judy Garland du Magicien d’oz), le film tire avant tout parti de sa bande originale grandiose signée Alan Menken (deux Oscars). Pour un spectacle d’une réussite visuelle et musicale totale. Les scènes de chœurs succèdent avec magie aux trouvailles de casting (Kevin Kline en père de Belle, Emma Thompson en Mrs Samovar ou Ewan McGregor en Lumière) et les spécialistes s’amuseront à noter les différences entre les deux versions, notamment un secret levé sur l’enfance parisienne de Belle. Mais surtout le film s’autorise quelques modernisations bienvenues. Belle agit en féministe éclairée et le personnage de LeFou (acolyte de Gaston et par ailleurs excellent Josh Gad – photo), ouvertement gay, tire avec panache la couverture à lui dans une partition subtile – quitte à déplaire aux fondamentalistes qui ont appelé au boycott du film en Alabama. Bienvenue dans le nouveau monde de Disney. 

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