Rendez-vous en terre baraki

Spécialité de Charleroi, mais pas seulement, le baraki est un sociotype qu’il fallait analyser. C’est chose faite dans L’encyclopédie du baraki. De l’art de vivre en jogging en buvant de la bière de Philippe Genion.

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Le livre fait un petit malheur dans tous les Carrefour de Wallonie – même s’il aurait été plus judicieux de le proposer au rayon des chips plutôt qu’à celui des bouquins. Philippe Genion avait un sujet en or entre les mains, il n’avait qu’à se baisser pour ramasser la matière, son talent d’auteur comique a fait le reste. Son Encyclopédie du baraki s’échange dans toutes les bonnes cités de Charleroi, mais aussi de Mons, de La Louvière – partout chez nous où l’on trouve cet étrange spécimen en jogging et chaussettes blanches généré par un écosystème moins marrant qu’il n’y paraît. “J’avais peur d’être accusé de faire du carolo bashing, explique Genion, alors que je suis le dernier autorisé à le faire. Contre vents et marées, je suis toujours resté à Charleroi que j’adore. Et je pense que les gens ont compris la tendresse que j’y ai mise parce que tous ceux que je croise me disent que le livre est un énorme sourire qui fait parler de la région.”  
De A comme Alimentation (“Tout ce que le baraki mange est soit gras, soit sucré, soit les deux”) à V comme Vacances (“La  semaine en “all in” en Turquie à 235 euros par personne”), Philippe Genion balaie tout du comportement baraki – ses goûts, sa vie, ses rêves et, malheureusement, sa vie sexuelle (“En général, le mâle décide de grimper sur la femelle en fin de soirée, mais le plus souvent, le coït se termine par l’endormissement du mâle”). L’auteur à la langue bien pendue nous invite à un voyage exotique en territoire baraki, cette classe sociale où ceux qui n’en font pas partie ont peur de s’aventurer, même si on ne voit aucune raison de le faire. Ce groupe baptisé ainsi en écho aux forains d’antan appelés barakis parce qu’ils habitaient dans des roulottes – baraques sur roues. Mais aussi, peut-être, et Genion le souligne dans son intro, un hommage détourné aux baraquements où étaient parqués les premiers immigrés italiens après la Première Guerre mondiale. Car, au départ, rappelle notre anthropologue de terrain, “ce n’était pas si péjoratif”.

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L’encyclopédie du baraki, Philippe Genion, Points, 164 p.

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