Murakami, auteur coureur

Souvent cité dans la course au Nobel de littérature, Murakami publie un recueil de nouvelles au titre interpellant - Des hommes sans femmes.

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Certains ne jurent que par sa “petite musique”. D’autres ne l’entendent pas, jugeant ses livres fades ou mièvres. En ce qui nous concerne, on n’a jamais vraiment été déçu par la lecture d’un livre de Haruki Murakami, même si l’on reconnaît que la délicatesse de ses écrits peut s’apparenter à une pose et ne pas convenir à tout le monde. Dans la mythologie de cet auteur japonais, fan de course à pied et plusieurs fois cité comme favori au Nobel de littérature (un peu comme l’Américain Philip Roth qui désespère de le décrocher), il y a la musique, le jazz, les villes immenses, l’étrangeté et la solitude. C’est encore ce thème des hommes solitaires qui traverse son dernier roman – L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (disponible en poche), magnifique odyssée au cœur d’une vie, celle d’un étudiant rejeté par tous ses amis. 

C’est toujours cette exploration de la solitude qui guide Murakami dans l’écriture des sept nouvelles qui composent Des hommes sans femmes. Le texte qui porte le titre du recueil et le conclut évoque un homme réveillé en pleine nuit par l’appel d’un inconnu qui lui annonce le suicide d’un amour de jeunesse. Cette femme, l’épouse du mystérieux correspondant, a laissé des traces dans le cœur du narrateur qui se souvient… La douleur de la perte traverse le livre, une fois encore porté par  l’amour de la musique – qu’elle soit jazz, pop ou d’ascenseur – et qui évolue en génériques – deux titres, Drive My Car et Yesterday – faisant clairement référence aux succès des Beatles. 
Dans Drive My Car, un acteur célèbre engage une conductrice et revient sur les infidélités de sa femme, morte d’un cancer. Mais aussi sur l’amitié stérile qui le liera à l’un de ses amants. Dans Yesterday, un type pousse son meilleur ami à sortir avec sa fiancée – ce que le meilleur ami ne fera pas, ce qui poussera le type à tout abandonner… Mystères, malentendus, fausses routes, ruptures, disparitions – tout ce qui touche le cœur des hommes quand les femmes les abandonnent est dans ce livre à lire seul, le matin, très tôt dans le métro.

Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, Belfond, 304 p.

 

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