« Chez nous »: un Lucas Belvaux à bloc

Le nouveau film du réalisateur belge sur les mouvements populistes qui fait pester le Front National.

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Dans une ancienne cité minière du nord de la France, Lucas Belvaux (Rapt, Pas son genre) démonte avec cœur et soin une mécanique aride: celle d’un parti d’extrême droite en quête de respectabilité. Cible de cette chronique politique très actuelle (inspirée en partie du roman noir de Jérôme Leroy, Le Bloc): Pauline, une jeune infirmière aimée de tout son quartier (toujours crédible Émilie Dequenne) peu à peu promue tête de liste du “Bloc patriotique” sous la coupelle d’un ténor du parti (André Dussollier, redoutable en médecin de famille à deux faces) et de sa chef Agnès Dorgelle (Catherine Jacob – toute comparaison avec Marine Le Pen ne serait évidemment pas fortuite). Séduction, manipulation et mensonges sont à l’œuvre pour couvrir un programme en réalité xénophobe et violent. Lucas Belvaux entoure son héroïne d’une kyrielle de personnages en forme de profils d’électeurs variés (la voisine au discours décomplexé, le petit ami néofasciste, le père ancien communiste, la copine d’origine yougoslave) dressant un portrait sociologique très documenté et très alarmant de la France d’aujourd’hui. 

Chez nous. Réalisé par Lucas Belvaux. Avec Emilie Dequenne, André Dussollier, Guillaume Gouix. 1h59. 

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