Nuit des César 2017: le triomphe de « Elle » et « Divines »

Retour sur une cérémonie interminable (plus de trois heures) menée avec bonhommie par Jérôme Commandeur.

Oulaya Amamra ©Belga Image

Trois films se sont finalement partagé les récompenses les plus attendues de l’année du cinéma français. Le thriller sexuel de Paul Verhoeven, Elle, doublement salué du César du meilleur film et (sans surprise) de celui la meilleure actrice, décerné à Isabelle Huppert, déjà lauréate d’un Golden Globe pour le rôle et en bonne voie pour les Oscars ce dimanche. Remarquable aussi l’entrée fracassante de l’équipe d’Houda Benyamina ans le cinéma français pour la comédie urbaine Divines (uniquement disponible chez nous sur la plateforme Netflix), qui remporte le César du meilleur premier film, de l’espoir féminin (décerné à la jeune Oulaya Amamra) et de l’actrice dans un second rôle (l’attachante Déborah Lukumena). Le québécois Xavier Dolan remporte trois prix pour sa tragédie familiale Juste la fin du monde (meilleur réalisation, meilleur montage, meilleur acteur pour Gaspard Ulliel). Très salué aussi le long-métrage d’animation Ma Vie de Courgette (meilleur film d’animation et meilleure adaptation pour Céline Sciamma), un « hommage aux marginaux et un éloge de la faiblesse » selon son réalisateur Claude Barras.

Remarqué aussi le coup de gueule anti-capitaliste du journaliste François Ruffin récompensé du César du meilleur documentaire pour Merci Patron ! qui a fustigé François Hollande, président « sans cran » face aux ouvriers licenciés dans les délocalisations. L’absence de l’omniprésente Marion Cotillard (très enceinte) fut compensée par celle de Jean Dujardin remettant un César d’honneur à son pote George Clooney qui s’est fendu d’un discours anti-Trump « en lutte contre la haine ». On retiendra aussi l’hommage émouvant à Jean-Paul Belmondo, 83 ans, toujours Magnifique et toujours debout malgré son hémiplégie, qui rappelait le « courage qui ne lui a jamais manqué dans sa vie, ni pour être là ce soir ». Les générations se sont succédées sur scène, proposant le visage d’un cinéma français plus féminin et plus ouvert à la pluralité. C’est une bonne chose.

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