La frontière de la vie

Cette série flamande redonne du souffle au cliché du mort coincé sur terre.

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La première impression, face à Beau séjour, est visuelle. Encore une production belge qui se démarque par ses lumières glauques et ses paysages de solitude. À force, on réalise combien notre plat pays est beau et triste. Ici le ton est bleuté, crépusculaire. Tout comme l’histoire qui, inévitablement, emprunte quelques mécanismes au Sixième sens de Shyamalan.

Démarrons. Kato, ado flamande, se réveille dans une chambre d’hôtel. Du moins son esprit. Parce que son corps, lui, reste irrémédiablement inerte. Kato est morte, sauvagement assassinée. Pourtant elle est là. Présente au monde. Kato ne sait pas ce qui lui est arrivé. Kato ne sait pas ce qu’elle fait dans cet hôtel Beau séjour en travaux. Elle tente de dialoguer avec sa mère qui la recherche désespérément… mais ne l’entend pas. Ce qui-proquo nous offrira des performances d’actrices bouleversantes et des moments d’émotion palpable. Ce qui sauvera Kato – et donnera du ressort à l’intrigue -, c’est que quelques personnes sont, elles, capables de la voir et de l’entendre.

Au fil des épisodes, le téléspectateur est diaboliquement accroché par ce polar métaphysique à tiroirs: on se passionne pour l’enquête, on se laisse prendre par les fausses pistes savamment semées, on s’interroge sur le mystère de cette jeune fille et, surtout, on savoure avec délice la peinture de la petite communauté limbourgeoise, entre non-dits et traditions. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’était une version doublée qui était annoncée. Espérons que la V.O. soit privilégiée!

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