Les plus belles estampes japonaises au musée du Cinquantenaire

400 magnifiques estampes issues de la collection du musée du Cinquantenaire revisitent les symboles de la culture japonaise. Exceptionnel ! 

Images du monde flottant, cinquantenaire

Dans la philosophie bouddhiste, le mot ukiyo-e désigne le “monde flottant”, en référence à la vie terrestre si éphémère. Puis, au fil du temps, le terme a surtout évoqué le plaisir fugace, la légèreté. Et dès le XVIIe siècle, à Edo, l’actuelle Tokyo, où s’installe la cour, il s’associe à la gravure sur bois et aux estampes représentant les belles femmes, les stars de la vie nocturne, le théâtre, la vie… 
Pour saisir tout le raffinement de cette abondante production artistique, l’expo du Cinquantenaire propose une courte introduction à la technique de l’estampe, de quoi armer le visiteur avant de le lancer au cœur du pays du Soleil-Levant, dans un monde artistique coloré tel que le découvrirent et s’en inspirèrent, en Europe, dès la fin du XIXe siècle, des artistes comme Van Gogh ou Monet… En une quinzaine de salles, émergent très vite des personnalités, des grands noms remportant dès la fin du XVIIIe siècle de vifs succès dans leur pays: Harunobu, Shunsho, Kiyonaga, Utamaro, et leurs œuvres parfois éthérées voire idéalisées où défilent avec délicatesse courtisanes et jolies filles (“bijin-ga”) , hôtesses de maisons de thé, jeunes homosexuels, acteurs mais aussi colporteuses portant sur la tête des produits venus de la campagne. 

L’histoire de l’estampe japonaise

Au XIXe siècle, le paysage devient le thème à la mode. Hokusai sort du lot, avec ses “suites”, dont ses Trente-six vues du mont Fuji et singulièrement son Fuji rouge (notre photo). La montagne emblématique du Japon y trône majestueuse et seule dans la lumière de l’aube, sous un ciel bleu parsemé de nuages. On retrouve aussi la fameuse Vague de Hokusai (affiche de l’expo) qui emporte tout sur son passage, navires et humains. Toute l’histoire de l’estampe japonaise est ainsi parcourue depuis ses balbutiements en noir et blanc jusqu’à son nouvel essor au XXe siècle, influencée par l’Occident. Une salle à part présente également, sous contrôle parental annoncé, des “shunga”, images dites de printemps qui sont, clairement, des estampes érotiques. 
Avec ses 7.500 estampes, la collection des Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire est l’une des plus riches au monde. 400 d’entre elles – les plus belles – nous sont présentées sous une douce lumière les préservant tout en les magnifiant. Y aller… Et plutôt deux fois qu’une: pour conserver ces couleurs, une deuxième série d’estampes viendra en effet partiellement renouveler la présentation dès la mi-décembre. Y aller, on insiste… Parce que la dernière rétrospective du genre en date remonte déjà à 1989 ! 

JUSQU’AU 12/2. Musée du Cinquantenaire, 1000 Bruxelles. www.kmkg-mrah.be

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